Campagne Channel : mission suicide

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Krasno
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#26

Message par Krasno » 20 mars 2011, 01:10

Bonsoir à tous !

On change un peu de registre, avec un retour sur quelque chose qui n'est pas vraiment une mission de campagne : la soirée "Le Grand Dog PA 2011" (oui, ils aiment bien les titres ronflants) qui a eu lieu en ce début d'année. Le concept est simple : 32 pilotes, par équipes de deux tirées au sort. Chaque match est en deux manches gagnantes, on démarre alignés sur la piste avec un point de rdv obligatoire (plafond 2000 m, je crois). Tous les match sont avec le même avion, un Spit MkI pour cette soirée. Le camp "bleu" a des marquages bulgares, le camp "rouge" des marquages polonais. Elimination directe, début 21h30, fin indéterminée...

Juste une précision sur la "relance PA" : les PA avaient il y a encore un ou deux ans une tradition bien ancrée de relances multiples, emmenant le décollage "réel" assez tard dans la soirée. Chaque relance était accompagnée d'un défoulement bien compréhensible de l'ailier sur son leader, ou sur tout avion allié se trouvant devant lui. Cette tradition est en cours d'extinction, des améliorations dans l'organisation permettant de limiter les relances au maximum.

C'est au départ plus destiné aux gens ayant participé, mais je me suis dit que, finalement... (mes excuses à Barda).

Bonne lecture !

On a arrêté depuis longtemps de compter les citations et études sur la bêtise humaine (enfin, moi en tout cas). Et pourtant, on arrive toujours à se surpasser et à repousser ses propres limites. Comme moi jeudi dernier : alors que je venais de m'avachir généreusement sur le meilleur, et unique, canapé de l'appartement pour piquer un petit somme, une idée commença, insidieuse, à titiller le peu de neurones de garde pas encore en pré-retraite dans mon cerveau embrumé. "péa, péa"... Elle s'élevait, s'épaississait, tournait, disparaissait, virevoltait, lâchait un pet, puis un a, et réapparaissait aussi vite, tournoyant de plus belle, piquant, redressant, et focalisa bientôt l'essentiel de mon attention. Et ça répétait de plus belle : "péa, péa, péadaugue, daugpéa...". Un sursaut de volonté me permit cependant de renvoyer l'importune dans le fin fond de mon subconscient d'une rafale de MG 151/20, pour piquer un roupillon bien mérité. Na.

Le soir même, j'allumai religieusement comme chaque semaine mon petit radiateur de voyage, qui sert aussi d'ordinateur à ses heures perdues, pour passer une soirée à faire voler un tas de pixels disposés savamment en escalier sur mon écran et en occupant approximativement les deux tiers, dans le but d'éliminer d'autres tas de pixels de formes différentes affichés sur le tiers restant, sur fond vert pomme (un peu comme la couleur du paysage anglais sous le soleil, c'est à dire une fois tous les dix ans - oui c'est du vécu monsieur) et bleu turquoise. Comme je suppose que vous êtes atteints de la même affection que moi, je vous passe les détails sur le chapeau à visière, le trépied à boules réfléchissantes et les paroles incohérentes - certains y ajoutent des bois de cerf et un cageot en contreplaqué, mais il y a une limite à tout, quand même. Bref, j'allais prendre ma dose bi-hebdomadaire de dope, qui plus est relevée par un flux continu de verbiage réconfortant dont seule la charité chrétienne me retient de nommer la source.

Allez, et là je vous apprend peut-être quelque chose, mais la source en question est littéralement ce qui fait vivre la fréquence radio (et le squad, souligneront certains admirateurs), chez les C6. Les mauvaises langues diront qu'il - oui, c'est un monsieur - a d'abord étouffé tout ce qui se prétendait capable d'animer une conversation, mais nous ne sommes pas de mauvaises langues, chez les C6. D'ailleurs, comme vous l'avez bien compris, le pluriel à "langues" est exagéré, vu que la plupart n'ont pas beaucoup l'occasion de sortir des poches. Seulement, tenir le bout de gras à chaque fois, ça épuise, et il faut bien se rabattre, parfois, faute de mieux, sur des sujets éculés ; les PA en sont un par excellence. Ils sont gentils les PA, mais trop actifs, ça épuise : pensez, tout le temps une, voire deux campagnes Il2 SEOW en train, plus un p'tit Arma hebdomadaire (moi, j'aime pas Arma), plus une journée officielle d'entraînement à la relance, spécialité maison... Sans compter leur fameux Dog PA, dont le Barda, puisque chacun l'aura reconnu, est devenu comme qui dirait l'une des attractions. Si les mouches sont attirées par la lumière, les simmeurs le sont par le verbe, apparemment. Bref, il se passe toujours quelque chose chez les PA, et c'est le marronnier idéal. Et même sans ça, comme c'est devenu une insulte assez courante (exemple didactique : "vas-y, fais pas ton PA toi !"), on peut difficilement échapper à ces deux lettres.

Me voilà donc en train de lancer la procédure habituelle : lancer le driver du TrackIR, lancer TS, débrancher le disque dur externe pour brancher le TrackIR, débrancher la souris pour brancher le palo (1), fermer les portes à double tour, éteindre le portable, le réveil, faire sortir les gro... rouvrir la porte, faire sortir les groupies, fermer la porte à double tour, sortir la liste de duels du jour, lancer HL... La soirée est un go ! On peut se caler sur le canal du squad. A peine arrivé, paf !
- T'es inscrit au dogpéa ?
- Euh... non. Bonjour à toi aussi.
- Mais t'es nul !
- Ben non !
- Donc t'es inscrit au dogpéa ?
- Euh...
Bref, passons. Enfin, passons, non, pas tout de suite, parce que c'est là que se situe la, ou plutôt "THE" boulette : ayant le choix entre me faire accuser de nul par tout le monde, et donc être obligé d'allonger au-delà du raisonnable ma liste de duels en attente ; ou m'inscrire au Dog PA pour la première fois... J'ai choisi le moindre mal. Enfin, c'était l'idée de base en tout cas. Snif.

Mais qu'est-ce que c'est que donc est-ce que ce Dog PA ?

Une sorte de jeu du cirque moderne, où les gladiateurs survivants (et transpirants, et torse nu, c'est essentiel) passeraient en un éclair du rôle de combattant à mort à celui de téléspectateur goguenard ou enthousiaste (voire endormi), qui encourage son équipe d'autant plus en vain qu'elle ne peut l'entendre ; et ne quitte des yeux la bouillie de pixel déjà décrite que pour aller ravitailler en bière ou chips. Du bonheur en barres. Enfin, ça, je savais. Là où j'ai été surpris, c'est quand on a parlé d'équipes tirées au sort. Bon, encore, moi, ça va : tout seul ça passera tranquille, donc même avec un branque en ailier pas de raison que ça casse. Encore heureux d'ailleurs, puisqu'à mon niveau, pour se retrouver avec un type assez doué pour suivre, faut se lever de bonne heure. Pas mon truc.

Mais le type normal ? Hein ? Z'en faites quoi du type normal ? Tiens, prenez Hellcat, par exemple. Pas mauvais, ce gars, mais sans un PetiO pour le couvrir (et encore, rien ne remplace un Krasno), il fait rien de bon. Mais il y a pire. Si, monsieur. Prenez un bavard, prenez Pat, par exemple. Les gens comme ça, ça a besoin de s'épancher un peu, et d'ailleurs il n'arrête pas de nous les concasser menu avec son cockpit-de-P-47-que-même-le-vrai-il-est-moins-bien. Sans compter qu'il aime non seulement ce veau de P-47, mais aussi le Spit. Des comme ça, on en fait plus : ça causait trop de problèmes, fallait les achever. Mais je m'égare. Ce type là, vous le collez avec Barda, et le premier mot qu'il hasarde, c'est le dernier qu'il pourra caser de l'heure. Il va pas pouvoir en placer une ! Et il le sait d'avance, le pauvre. Bloqué entre une politesse inaltérable (oups, un compliment) et une certitude horrible sur la suite de la soirée, il risque de faire cocotte-minute et de nous péter à la figure au moindre problème.

Bon, et là je parle même pas des autres squads, hein. Z'imaginez faire équipe avec un PA ? Vous partez, tranquillou, décollage impeccable, montée aile dans aile, tout va pour le mieux dans un monde idéal rempli de Warthogs fonctionnels, de configs gratuites et d'Olegs ponctuels... Bon, le type est un poil à la traîne, mais suffit de ralentir un poil... Et là, paf, un abruti décérébré du canal spectateurs se plante dans ses touches et passe en Whisper : "Ah ouais ? T'es sûr ? OK ben je relance de 10 sur le p'tit nerveux, là". Tout se passe très vite.

Une pensée : "Le con !".

Réagir. Manche au tableau, palo dans le coin.

Un bruit de tôles percées. Un écran noir.

Seul message restant à l'écran, écrit en majuscule sur un post-it collé à la va vite :

MOT RELANCE
TABOU.

"Ah merde ! Désolé, bête réflexe".

- Et les PB0 ?
- Quoi, les PB0 ?
- En équipiers ? Sont pas si mauvais (enfin, certains, parce que le gros des troupes...) que ça, si ?
- Mauvais, c'est pas la question, mais c'est quand même les types contre lesquels on se bat en permanence en CF. Jamais avec nous, pas une seule fois du même côté depuis la CF3, je te dis ! Et pourtant, c'est pas faute d'essayer de changer de camp pour voler un peu avec eux... Moi je dis, des types qui nous évitent comme ça, ils sont pas clairs quelque part.
- Ouaip, enfin la CF3 ça date. La 5 aussi, d'ailleurs, en y pensant : je crois me souvenir que mon grand père m'en parlait encore de son vivant. Ou alors je confonds avec la vraie bataille, peut-être ? Sais plus trop.
- Ah ça va hein !

Une semaine plus tard, le grand jour arrive. Comme les sadiques ont décidé de garder l'avion qui sera utilisé secret (mais sans canons qu'ils précisent), je passe la soirée à me ridiculiser en m'entraînant à buter du CR.42 à l'aide des deux pauvres paires de pétoires mouillées installées de chaque côté du fuselage de mon PZL-11c (tant qu'à faire, hein...) Je vous dis pas l'humeur que ça donne, de se trimballer à 250 km/h dans un zinc qui aurait tout juste été dans le haut du panier en 14, pour essayer en vain d'amener deux trois pélos sur une pauvre IA qui n'en mène pas plus large que vous : ses pétoires à elle, elles ont la cadence de tir d'un canon de 75. Je peux pas supporter ces vieilles bouses. Encore heureux qu'on y échappe en CF !

Et me voilà sur le TS PA, d'humeur à taper quelqu'un. Personne ? Ah si, ya du monde en dessous... C'est pas de gaîté de cœur, mais ça serait bête d'être venu jusqu'ici pour se barrer, nan ? Changement de canal, un bonsoir à la cantonade :
- "Krasno fréquence, bonsoir !"
- "salut Fréquence !"
OK, c'est bien la bonne adresse.

Je suis à l'heure mais le tirage au sort a déjà été lancé, et le tableau des rencontres est affiché. Concert d'exclamations :
- "Oh p... non pas lui !"
- "On est morts"
- "Ah, c'est toi qui est avec moi ? Condoléances"
- "fffffffffffff.... ffffffffffffff... fffffffffffff..."
- "Niark niark niark"
- "C'est qui lui ?"
- "M'enfin ? J'suis pas dans la liste ?"

Les combats commencent et se succèdent, et l'on passe, de combat en combat, de manœuvre en manœuvre, du grandiose au vulgaire, et du vulgaire à l'émouvant. Grandioses, les folies virevoltantes de ces deux bretteurs qui, dans le vacarme assourdissant de leur Merlin, se fendent, parent, attaquent et contre-attaquent, enfilant les barriques, les esquives, donnant à leurs manœuvres calculées au km/h...
- Hé, ho, t'es payé à la ligne ou quoi ?
...donnant à leurs manœuvres calculées au km/h, disais-je, l'apparence d'un ballet extravagant. Vulgaire, le coup de boule, résultat prévisible d'une succession de frontales sans queues ni têtes. Emouvant, ce pilote de Spitfire au revêtement taillé en dentelle par une grêle de projectiles, le moteur vomissant ses bielles, qui, impuissant à se soustraire aux efforts combinés de ses deux bourreaux depuis la chute de son équipier, se contente de repousser l'échéance, balottant frénétiquement son cercueil de haut en bas, puis de droite à gauche, évitant une balle seulement pour se jeter devant la suivante, mais volant toujours, espérant une panne, un crash, et grignotant une seconde, puis une autre, et encore une autre...

Mais c'est pas tout, ça : va bien falloir casser de la bleusaille à un moment ou à un autre. Mon premier combat, Mega/Krasno contre Tompcat/Menfin, passe sans trop suer, plus par chance et opportunité que par talent d'ailleurs, avec notamment un long morceau de bravoure de Tompcat qui n'admet pas facilement qu'à deux contre un, c'est ce dernier qui doit tomber en premier. Mon second combat passe assez vite aussi d'ailleurs, puisque nous choisissons d'un commun accord avec Mega de laisser passer Roll et Adrienzip qui, venant de la droite sur le tableau, avaient la priorité. Bon, faut dire qu'ils avaient remplacé leurs traceuses par des chercheuses, et ont fait le boulot proprement : pas une balle dans l'avion, tout dans la tête. Ca aurait bien permis de récupérer les avions, s'ils ne s'étaient pas bêtement écrabouillés 2000 m plus bas. Pas de fausse modestie ici, on n'a pas perdu : c'est juste qu'on les sentait motivés, partants pour voler jusqu'à pas d'heure et peut-être avec une chance d'aller jusqu'à la fin ; j'avais une lessive à faire, Mega un oreiller à aplatir ; on s'est arrangés pour une somme raisonnable et tout le monde est sorti gagnant. J'attends toujours le chèque mais je suis confiant.

La seule équipe brillante ayant donc par nécessité laissé la place à une paire de vulgaires techniciens, la suite fut affreusement banale. Sentant qu'on était partis pour la nuit, je m'esquivai et ce n'est qu'au niveau des 1/2 finales, et à presque minuit, que je réendossai ma charge d'excité congénital. JiPi Larqué avait tout de même pris les précautions nécessaires et accumulé assez de ragots sur chacun des participants pour passer le reste de ses petits matins dans les champs humides de rosée (s'il nous lit, je lui conseille de bien choisir son témoin : ya des chances qu'il le voie plus que sa femme) ; ça balançait sévère, surtout qu'il fallait bien compenser l'absence remarquée de Barda, occupé à rendre sourd Baballe sur la fréquence voisine. Quelques retournements de situation, dûs notamment à la paire BaBa qui mettait un point d'honneur à toujours se battre à un contre deux, permirent à Thierry Roll, tout en remplissant son chèque, de faire quelques bons mots. Les rouges polaks et les bleus bulgares en firent les frais, et les yoghurt et autres plombiers furent convoqués, avec leurs champs lexicaux associés :
- Oui mon Thierry, je dirais que ce pilotage est vraiment onctueux !

Cependant, la nuit avançait, et les matchs s'éternisaient. Le fair play, la fatigue, les manœuvres habiles, le stress, l'armement limité et la solidité des appareils s'alliaient pour faire durer le suspense. Le scénario, lui aussi, s'améliorait à chaque fois avec retournements de situation, moteurs traîtres, munitions épuisées, erreurs bêtes... Une heure sonna avant qu'enfin la finale soit annoncée : Saint_Ex et SmilingCow contre Roll et Adrienzip. Cette finale fut une sorte de résumé en accéléré, un succédané de Dog PA en quelques minutes. D'ailleurs si j'aurais su, j'aurais pas v'nu dès l'début : suffisait de se pointer à une heure du mat' pour en prendre plein les mirettes. Il y eut de tout : du coup-de-boule contre forêt invisible avant même le premier engagement, de l'assassinat à bout portant, des tirs préparés pendant quelques secondes mais complètement ratés, des approches furtives... Le tout couronné par un duel fratricide PB0/PB0 de plusieurs minutes en guise de bouquet final. Chacun se félicita, et alla dare-dare rejoindre le lit familial avant que le jour ne se lève.

Je fermai les yeux, pour les rouvrir une minute plus tard :
- "Putain 8 heures ! "


(1) De voyage, le radiateur, rappelez-vous... Ca manque de ports USB ces p'tites bêtes là.
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#27

Message par Barda » 20 mars 2011, 13:25

Meuh non, je ne suis pas si bavard que ça:exit:

ça me rappelle une fois, on était sur une campagne PA en Normandie,[SIZE="3"] et ç'était le temps où on pouvait causer, avec les grosses blagues radio "Barda à Carentan" "Joyeux Anniversaire, Barda !", "C'est quoi les coordonnées de Margate?" "Margate SG1",[/SIZE] [SIZE="1"]on raconte aussi queon peut polluer son post avec d'autres récits:

Il faut dire qu'on se marre comme des ptits fous avec les PA sur leur campagne English Channel !

La censure, ç'est parceque l'autre camp lit aussi la gazette de Cassan, et il ne faut pas tout dévoiler non plus !
[/SIZE]
[SIZE="0"]
Dans l'ordre :


Rapport de combat LW 15 Aout 1940 par Barda
Bf110 C4B
ZG26 -ST1 Schw4

il est 4H et on s'l'gèle dans nos cockpits sur piste
surtout qu'avec les ordres et contre-ordres ça fait 3 fois qu'on croit qu'on y va puis on n'y va pas....mauvais pour le moral tout ça, Krieg Gross Malheur et tutti quanti comme dit Mario le plombier de l'escadrille des Ritalsd'à coté .

Bon, finalement on y va !

Et là je vois double, je crois voir le 110 de l'ami Oizo qui ne part pas avec nous cette fois ci (une histoire de paquets échangé à la dernière perm) je vois double, j'vous dis, 2 Bf110 déboublés devant comme si Trollbug avait 2 queues....
D'une part j'ai réussi à écrire double 3 fois, et comme le schnaps est réservé aux chasseurs en Emil pour la visée en déflexion j'ai même pas l'excuse de l'alcool

Donc finalement, je contourne le fantome sur piste (on n'est jamais trop prudent) et je décolle
Nous sommes donc cinq, le chef c'est Trollbug, puis Barda,Furaxo, Bloodice et Axelpaq
on part pour l'option de Oizo : "La T--censuré-- du ---censuré--"
Départ cap --C--
on forme et déjà nos Camaraden gueulent dans la radio, les Stuka sont en attaque (déjjjàààà) et les Emil engagent
Ca l'air de se passer comme il faut sauf quand Krasno rentre dans Hellcat, comme quoi le schnaps...
comme dit Manfred : "Schnaps en injestion, tout bon en déflexion mais gare à la collision!"

Pendant ce temps là on est toujours en France, et les mitrailleurs jouent à la bataille navale avec la buée sur les vitres

Enfin, on tourne vers l'ennemi, et on se distrait en regardant les vagues, le soleil, Furaxo chante Lili Marlene

Puis tout s'accélère, on est en zone ennemie !

Je vois un convoi de ---Censuré-- en même temps que le radar de ---Censuré--, Trollbug envoie FuraxO et moi sur le radar et le reste sur le convoi !

Coup double sur le radar malgré une DCA intense, je m'en sors avec un saumon droit arraché et un moteur qui couine et malheur, le viseur Revi défoncé

Et Trollbug nous coule un cargo ! Carton plein !

On prend des photos sur le site et on file vers notre objectif de reco-armée l'aérodrome de ---Censuré--

C'est confirmé mon moteur gauche a pris cher, je me traine derrière

Prise de photos sur le terrain, et la DCA se déchaîne, ceux qui peuvent viser (j'ai plus de viseur ouuuuiiiinnn)font taire au moins 2 postes
Mais il y a un contact ennemi, c'est un mosquito !
Trollbug et Bloodice l'engagent et le mossie tombe !
on passe à la destruction des avions au parking, mais des traçantes nous encadre, mince des Hurri ils sont de retour,
Dans la confusion Axelpaq y passe, vengé par Bloodice

On tente une extraction, parcequ'on a encore du boulot, et qu'on commence à avoir du dégat avec la DCA lourde
Les moteurs de FuraxO sont en train de le lâcher, il rentre à la maison

Mais on croise un Hurri sur le retour , et il engage !
Il pense sans doute avoir le dessus sur nos bimoteur, il parait confiant...
mais nous sommes trois !
Et le combat change de main, il se retrouve engagé par l'un, puis l'autre et ainsi de suite
Il tente de nous emmener vers sa DCA !
On extrait, et lui se pose, à charge de revanche !

Nous continuons ! vers la 2e reco à ---Censuré--
On se contente des photos, parceque la DCA est forte et nous pleins de trous....et de plus en plus lents

Je me traine dans les 5 de Troll et Blood, Blood qui serre Troll

Blood : "Je me rapproche"
Troll: "Raye pas ma peinture quand même"
Barda : "Sinon Günther râle"
FuraxO: "ça c'est trop TTddrOLLlleuh"
FuraxO, trop endommagé qui fera connaissance avec les prairies du coin

Finalement, on ne termine pas la T--censuré-- du --censuré--, il faut rentrer ça devient court

Et survient l'erreur finale, sur la trajectoire d'extraction il y a un site radar ! avec sa DCA

On en prend plein le cockpit, des trous partout et les moteurs hurlent "Sorteeeezzz mmoii dee llààà" (ou alors c'est l'injection qui couine)
Bref Troll a le feu au ...moteur
il restera en zone ennemie

Il reste Blood devant qui a encore des tours au Daimler et moi qui se traine au dessus des vaguelettes
Il faut ramener ces photos !

Et ça vole de moins en moins vite

Blood annonce qu'il voit la piste, mais l'avion devient incontrôlable, les paroles de Troll lui reviennent en tête

"Prends ton temps, fait un 2e tour si besoin"
Et mon daimler ??
Et bien le gauche s'arrête pour de bon, arrrrrrrrrrgggggggghhhh
Hélice en drapeau
je passe la côte et la vitesse?
elle descend , elle descend

Bien, je vois la piste j'arrive directement en étape de base
Je vois Blood en finale !

je sors tout et je me jette en dernier virage sur une finale très courte en bouffant le seuil de piste (c'est pas bon)
Soudain "BBBBOOOUUUUMMM"
Blood vient d'exploser sur piste

Plus le choix je pose quand même

Et j'embarque des débris de son Bf en passant,

Crack boum Hue, KKKKKKKKKKKKKKKKKKKKKRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIKKKKKKK
Je suis vautré plus loin sur la piste mais VIVANT? je SSUISSS VVVIIVVVANTTT

Barda :
"Je suis vivant !"
"Merde j'ai un moteur en feu !"
"Euhh non ça va, il est loin........"

Bon, c'est vrai mon moteur droit brûle, mais il est à 20 mètres du fuselage...

En tout cas j'espère que les photos ne seront pas floues....[/SIZE]

tu vois je suis pas bavard...
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Message par Krasno » 20 mars 2011, 13:32

Ah non, là c'est pas du bavardage, en effet ! C'est du radotage :)
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#29

Message par Krasno » 25 avr. 2011, 19:43

Bonsoir à tous !

Je relance le sujet avec un petit retour aux sources pour une série qui va probablement être plus longue que les précédentes : Avalanche. C'est une campagne SEOW, comme Channel qui m'avait lancé dans les War Reports, et c'est aussi organisé par les PA. Beaucoup de joueurs, une stratégie intéressante, des avions variés, une grande liberté pour programmer les troupes au sol et les vols... Tout cela donne une campagne vraiment prenante, même à raison d'une soirée par semaine.

Le cadre historique est assez limité, même si des événements historiques peuvent perturber le cours de la campagne. Le planeset est crédible pour l'époque, les positions de départ aussi. La carte, à échelle réduite, accélère considérablement les mouvements de troupes. Les Alliés sont basés en Sicile, en Crète et à Malte, et l'Axe est implanté en Grèce et en Italie. L'objectif des Alliés est de prendre trois de leurs quatre objectifs, en temps limité : Athènes, Skopjie (en Yougoslavie), Naples et Rome. L'objectif de l'Axe est de les en empêcher, avec une production bien plus limitée que les Alliés qui ont, en gros, carte blanche.

Les combats au sol peuvent être influencés énormément par les frappes, mais la plupart des pertes au sol sont causées par des combats entre troupes au sol. Du coup, la tactique a un rôle important : il faut bien placer ses troupes sur la carte. Amener un navire un poil proche des batteries côtières amène la destruction de ce dernier, avec tout son chargement.

Je suis arrivé un peu en cours de route, au premier tiers de la campagne. Voici le rapport de ma première mission (1ere partie)...

"Tu vas la bouger, ton épave, connard ?"

Embouteillage sur la piste : cet ivrogne de SmilingCow a essayé de décoller au grand pas, a fait un beau cheval de bois, et a dû aller récupérer un avion neuf au hangar. Comme il fait les choses en grand, il s'est planté au beau milieu, et bloque un peu le passage de notre troupeau hétéroclite de machines ritales. De toute façon, on est pas pressés, la base ne risque pas d'être attaquée, on a des radars et des personnels compétents dans la lecture de marc de café radioactif.

Les troupes qu'on doit couvrir, par contre, ya des chances qu'elles voient passer quelques traçantes, mais en face c'est pas des futés non plus, et il paraît qu'il y là bas plus de canons de flak que de cornichons à l'EM. Ma source provient, certes, du bocal susmentionné, mais ils peuvent pas se planter sur tout, tout le temps. Si ? Bref, pas pressés, mais il crève de chaud dans le foutu aquarium que constitue le cockpit d'un Fiat G.55 et j'ai toujours pas saisi le truc pour l'ouvrir, d'où l'expression imagée de mon impatience, légèrement teintée de vulgarité, citée vicieusement en introduction pour augmenter le nombre de lecteurs.

Remarquez, ce matin, je m'étais demandé comment j'avais pu accepter de voler sur une telle bouse. Cela fut bref, certes : un éclair de conscience vite disparu, englouti dans une remontée nauséeuse que l'Histoire, quant elle se penchera sur le moindre de mes faits et gestes, attribuera probablement en partie au nombre exagéré de toats portés la veille au soir à Davide, Ricardo, Helmut, Johannes, Maurice, au chien de Maurice, à l'Italie, aux Italiennes, à l'Allemagne, à la mer, aux puces qui partagent nos lits, à la XIIe AF qui nous en sort, et au Maréchal qui nous y recolle chaque soir à minuit, à coups de fusil chargé au gros sel.

Je vous passe les détails de l'amphi-cabine, destiné à apprendre de la bouche (ici, des mains) d'un instructeur censé être compétent le fonctionnement de l'appareil. Pas de doute, ça a marché : je voudrais m'éjecter de cette horreur que je serais infoutu de débloquer cette poignée. D'ailleurs, je sais vraiment pas pourquoi on se casse encore à sortir des trucs pareils de nos usines. Je veux pas être méchant, mais un truc qui vole, monte, tourne moins vite qu'un MC.205, avec la même visibilité arrière, et le même moteur en porcelaine de Chine ? Et ça, c'est en comparant au MC.205, qu'est déjà pas une flèche. Se retrouver chez les bleus, passe encore, mais alors jouer les ritals, c'est bien ma chance !

Avec ça, pas vraiment une baignoire comme le G.50, pas vraiment une poubelle non plus comme l'IAR-80, mais un peu entre les deux, ça tient de la boîte à gants, pour l'espace disponible et la visibilité, et du bête bac, pour la trivialité. Un piège à cons, ou plutôt une boîte à cons. Bon, un avantage quand même pour les bacs Ritals, même que c'est pour ça qu'on se tape la couverture haute (sans compter celles qui encombrent le cockpit, ça caille là-haut) : ça s'appelle "utiliser au mieux les ressources disponibles", pour notre EM. Ce coucou a un avantage stratégique, utilisable uniquement à haute altitude. Si, si.

D'ailleurs, les ressources disponibles ont fini de décoller devant moi. Ré-alignement sur la piste, et on met progressivement les gaz : le type m'a bien dit qu'il tirait à droite, mais la confiance ne me submerge pas particulièrement. Ce manque de confiance se transforme d'ailleurs, après quelques mètres et un violent crochet à gauche de mon étalon, en l'intention d'apprendre à mon instructeur la subtile différence entre un crochet du gauche et un uppercut du droit. Décollage vers le Nord, un long et paresseux virage pour récupérer mon ailier, une huile quelconque, ou plutôt une vodka quelconque, au vu de sa consommation. On réduit les gaz pour économiser la bibine, et on monte.

Par contre, je vous rassure tout de suite, à propos de cette histoire de performances à haute altitude, là : pas de scoop, les épures Ritales ne sont pas plus des flèches à 10000 m qu'à 3000, et le Fiat G.55 pas plus que ses collègues. Du moins en palier. Mais alors par contre, quand il s'agit de se barrer en piquant, c'est sûr, ya pas mieux : c'est tout juste si ça te fait pas remonter le temps. Couverture haute, donc. Mais de quoi donc ? Nos troupes ont tellement de canons sol/air que ça en perturbe les détecteurs MAD des Avengers dans le Pacifique, et elles auraient besoin d'une couverture ?

Et puis, les défendre contre quoi ? L'attaque quotidiennement foireuse des deux patates handicapées du manche que les rouges nous envoient tous les matins ? Et même, admettons une attaque massive. Jusque là c'est crédible, en fait, vu la situation. Résumé des épisodes précédents : censés envahir au moins 2 des quatres villes essentielles de Grèce, d'Italie et de Yougoslavie (Rome, Naples, Athènes et... euh... et la quatrième), les rouges ont mis le paquet sur l'Italie, avec moult navires, scories de Sherman, et montagnes de paquets de chewing-gum. Comme ça avançait comme dans du beurre, surtout grâce au chewing-gum, ils se sont pas cassés niveau reco et appui-sol, préférant rester dans leurs Spits VIII tout neufs à 6000 pour se la péter (et péter pas mal de 109, 190 et 205 du même coup, l'honnêteté ineffable qui est l'essence même de ma personne m'oblige à le préciser).

Et là, paf: leurs jouxjoux de luxe sont passés dans le champ de tir des dizaines de canons de 88 des lignes Iceheart et Babak, dont les noms rappellent chaque jour à nos soldats l'humilité nécessaire aux membres de l'EM pour faire leur travail, grâce leur soit rendue pour les siècles des siècles, canons habilement placés sur un front réduit couvert de chaque côté par la mer, et se sont vite retrouvés, nous dit le poète,
"La tronche décapsulée,
Comme une bouteille d'ambrée,
Sans avoir pu moufter.
En sortent les hommes dare-dare
Coiffés façon pétard
Une vraie scène de nanar."

En a découlé une rencontre soudaine et peu amicale du taux de mortalité des équipages de char avec le plafond, puis une chute aussi rapide dûe non à la destruction des canons, malheureusement pour des rouges bien marris, mais bien à la rupture de stock desdits équipages de char. Bref, ça a clamsé sec et des têtes ont dû tomber, et pas que chez les trouffions de base.

Les ruminants d'en face en ont donc probablement régurgité de travers leur chewing-gum. S'ils veulent passer, faut qu'ils tapent. C'est comme aux échecs : la médiocrité ne permet de gagner qu'en jouant les bourrins. Ou les taureaux. On reste dans le registre bovin, en tout cas, le genre peu adapté aux échecs, mais qui a tendance à les accumuler. Je leur conseillerai bien la réussite, c'est moins intensif niveau cervelat, mais ils risqueraient de voir rouge. Le bourrin, s'il a une once de cervelle, va donc charger, suffit de bien montrer les camions au sol, sans forcément les peindre en rouge d'ailleurs, et d'envoyer la chasse lui planter les banderilles de 20 mm. Macchiavélique. J'ai l'impression que pour une fois, j'ai parié sur le bon cheval, au niveau EM... Le seul truc, c'est qu'une fois qu'ils ont attiré la viande rouge, c'est pas facile d'esquiver les troupes au sol, donc ils risquent de souffrir un peu. Enfin, on leur enverra des omelettes, pour consoler les survivants.

Un autre souci quand même, j'ai un peu peur que les sourdingues au sol n'aient pas vraiment envie, derrière leurs gros canons de 88, d'arrêter leur toccata sous le prétexte tré mineur qu'une poignée de bachs même pas germains veulent participer au concert et descendre leur part de zincs rouges. Surtout que d'en bas, la différence entre les légères épures Ritales et les tas de métal façon compression de César aux surnoms dithyrambiques, faut vraiment être bien luné pour la voir.
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Message par Krasno » 02 mai 2011, 19:59

Seconde partie de cette première mission : le G.55 n'est pas vraiment un veau, et ça vole pendant des heures, en plus !

Ca monte bien, quand même, ce truc, là... A gaz réduits, aucun problème pour atteindre les 6000 m assignés. La zone est tranquille, sans compter que quoi qu'il se passe en dessous, je serai probablement infoutu d'y distinguer quoi que ce soit. Evidemment, le Maréchal censé m'accompagner a dû rentrer sur panne moteur ; et évidemment, il ne me reste qu'un IA qui me colle comme une sangsue pour le moment, mais me lâchera sans crier gare au premier pépin. Et ça devrait plus tarder.

J'espère d'ailleurs quand même que la viande rouge va rappliquer, parce que sinon ça va tourner en couverture d'usines... Et là, c'est une autre histoire. Autant avec les 3 canons de 20, ya de quoi discuter, même avec du B-24 ou du B-17 ; autant ces machins design, ça manque un peu de blindage. Blindage, oui, le truc à la fois trop moche et trop lourd pour qu'un ingé rital y ait pensé. Du coup, la seule manière de pas se faire transformer en clafouti au plomb là-dedans, c'est de se limiter à des passes frontales... Et encore. Et moi, que voulez-vous, le clafouti j'ai jamais pu, c'est physique. Enfin, j'exagère. Ya bien une plaque, là, dans le dos. On la voit bien, d'ailleurs, elle cache tout le secteur arrière. C'est à peu près toute son utilité, d'ailleurs, niveau attaque de bombardiers : empêcher les pilotes de savoir ce qui se trimballe dans les six (ou les cinq/sept, voire les quatre/huit) permet de limiter utilement l'utilisation prématurée de la botte secrète, à savoir les 900 km/h en piqué, de la part des courageux aviateurs italiens.

Surprise, les rouges n'ont pas l'air d'avoir été prévenus qu'ils sont censés attaquer en masse : c'est tout juste s'ils envoient deux ou trois pauvres types en solo, qui se font dépecer leurs machines façon grande visite décennale par la couverture basse avant même que j'ai le temps de demander où ça se passe, et à fortiori de commencer à faire la queue. Par contre, niveau bombardement des usines de Trapani, ils ont mis le paquet, avec une douzaine de tas de ferraille : B-17 et B-24 au menu pour les Bf 109 et les MC.205 en charge de la zone, qui n'en demandaient pas tant...

Je me déplace bien pour filer un coup de patte, mais c'est fini avant que j'arrive. Faut dire qu'à 50 % de gaz, c'est tout juste s'il tient en l'air, le bestiau, alors pour ce qui est d'avancer, faut pas trop en demander. Apparemment, l'EM d'en face a quand même réalisé que la Grèce faisait partie du champ de bataille, et le radariste de Corfù est en train de s'exciter à en chopper un infarctus, surtout qu'apparemment on a pas un zinc là-bas. Comme le secteur est calme, que je commence à prendre racine, et que c'est un ordre du Maréchal qui commence à humidifier ses sous-vêtements, je fais un p'tit crochet pour aller mettre mon nez là-bas, tant qu'à faire. Quelques dizaines de km plus tard :
- De Krasno, visuel sur Corfù, des nouvelles des bandits ?
- Ouaip, je les ai au radar, un à 2000 et un second TBA, position Alpha-Union 19
- Ben, j'y suis là, mais... Si, visuel, contact ! 4000 m par contre, niveau altitudes z'avez des progrès à faire les cocos, ou alors il a le postérieur sur une fusée le gars... Bien fait d'arriver à 6000 moi !

L'idée de base, en Macchi, c'est de compter sur ses petits copains pour vous prévenir que vous vous faites engager. Seulement, quand votre ailier est un bête programme, il a tendance à vous prévenir à peu près au moment où vous ouvrez votre parachute. Du coup, engager un combat air/air en Macchi, c'est un peu comme empiler les conquêtes avec trop d'entrain : c'est à truc à se retrouver avec un morpion mal placé. Et comme le seul moyen de s'assurer qu'il n'y a vraiment rien derrière, c'est de sauter en parachute, méthode généralement peu plébiscitée par les foules, il faut accepter le fait de combattre en aveugle.

Du coup, optant pour une passe rapide, je me mets à piquer sur l'espère de point sombre qui est en train de défiler sous mon aile gauche. Les 600 km/h sont vite atteints, et je me prépare déjà pour le tir, la fenêtre étant étroite : trop tard, on touche mais ça collisionne ; trop tôt, on rate et on y gagne un morpion. Toujours gaz à fond, juste dans les six heures de l'appareil, je ralentis mon piqué à sa hauteur, pour redresser ensuite et m'aligner par en dessous... Tiens, c'est pas un Spit ce truc-là... Trop épaisses, les ailes. Ah tiens, et il paraît que les croix noires, c'est pas à la mode chez la viande rouge. Bf 109. Bon, ben finalement il était peut-être bien à 2000, le touriste anglo-saxon.
- Z'en sont où, les contacts ennemis ?
- L'en reste encore un, en... ah ben non, tiens, sont tous à la baille.
- C'est malin, tiens, je fais quoi moi maintenant ?
- Ben puisque t'es là, tu nous ferais pas une p'tite reco ?
- Je la sentais pas venir grosse comme une maison, celle là...
- Faudrait vérifier ce qu'ils fabriquent entre la Crète et la Grèce, ça doit grouiller de transports dans le coin.

Toujours aux environs de 6000 m, toujours gaz réduits, j'emmène mon avion sur un cap 135, pour descendre progressivement vers le sud. La navigation n'est pas désagréable, la visibilité est extraordinaire, le froid pas trop intense... La côte déchirée du sud de la Grèce s'offre à ma vue, avec ses baies, ses rochers, ses
- De contrôle, on a un zinc engagé nord-ouest de la Crète, pouvez-vous intervenir ?
- Vous avez pris rendez-vous ?
- ...
- Non, puis qu'est-ce qu'il fout là, ce type ? C'est un malade ?
- Un avion reco
- Ya une différence ? Bon, je suis dans le coin et de bonne humeur, mettez-moi en fréquence.

L'opération sauvetage risque d'être pas mal tendue : déjà, dégager un type quand on le voit, c'est pas évident, évident. Mais alors quand non seulement on le voit pas, mais qu'en plus on n'a à peu près aucune idée de l'endroit où il est... Et paradoxalement, ça peut avoir tendance à réduire l'espérance de vie du pilote engagé, qui risque d'affecter trop de cerveau à la tâche "amener l'avion de soutien sur ma position" qu'à la tâche "survivre dans l'immédiat".

- ... lto engagé, 1000 m, cap nord !
- Position ?
- Au-dessus de la mer
- Mais encore ?
- Tiens, si, j'arrive sur la côte, j'entre dans une baie...
- Une baie ? Laquelle, la 154e vers l'Est en partant d'Athènes ? Ou la 154e ?
- Bon, t'es là pour aider ou pas ? Un golfe en fait... Genre Bravo-Alpha 14, par là.
- OK, je suis sur zone alors, mais je vois que dalle.
- Ah, ou plutôt Alpha-Yankee 14 en fait
- Bon, tu prends cap vers la ville, et tu me dis quand tu passe pieds secs. Je descends.
- Quelle ville ? J'ai qu'une embouchure de rivière.
- Bon, donc c'est bien Bravo-Alpha 14. Même topo avec la rivière : tu me la remontes et anno... Visuel shoots, je descends !

Gaz réduits, piqué prononcé, je cale le collimateur sur les trois petits points noirs, et particulièrement sur celui duquel émerge une gerbe de balles traçantes. Dans 15 secondes, je serai au tir... Pas le temps de se coller dans les six, faire une tranchante d'abord.

- Moi aussi, je descends...
- OK, reçu, tu piques et passes TBA ?
- Pas loin : je pique, et je passe KIA. Pas prévu pour voler avec une seule aile, ce truc.

Aïe. Comment perdre non un avion, mais deux à la fois, en dix leçons...

Se barrer. Trop tard : je croise déjà. Deux Spits. Ils ne m'ont peut-être pas repéré, mais tournent en tout cas vers moi. Pas le choix : s'ils ont rattrapé Balto, ils me rattraperont probablement. Et comme je suis pas fichu de voir derrière, autant ne pas les perdre de vue. Gaz à fond, je cadence pour remonter, sans les perdre de vue, je me retrouve au-dessus d'eux... et je les perds. Je continue en serrant encore le virage, les cherchant, et les retrouvant : ils extraient vers le Nord-Est, heureusement pour moi. Utilisant mon excédent d'altitude, je peux les rattraper. A 400 m, je cale le second appareil deux crans en dessous du centre de mon viseur, et je lâche une bonne, grosse, longue rafale.

Dans ce genre de situation, tirer par courtes rafales ne sert à rien, autant prévenir tout de suite l'autre qu'on est derrière. Même touché, un Spit reste un Spit, IA ou pas, et comme là ils sont deux, vaut mieux pas prendre de gants. Donc, une bonne grosse rafale, et on s'arrête que lorsque l'autre dégage en virage serré ou perd un gros bout. Une aile, idéalement. Puis on passe au suivant, avec le même topo : 400 m, viser un poil au-dessus... Et attendre que ça tombe. "Krasno, splash two".

Avec tout ça, je vais pas tarder à être short pétrole, moi... L'est où la jauge sur ce truc ? OK, la réglette est là, mais le pointeur est toujours sur 350 l, c'est quoi ce bordel ?
- Dites, je pense à rentrer là, mais c'est normal que le pointeur de ma jauge n'ait pas bougé, depuis le début ?

Erreur : ne jamais tendre une perche comme ça, sur une fréquence bien peuplée. Chacun se sent forcé de vous l'arracher des mains.
- Ouaip, elles marchent pas, en général.
- Je sais pas, t'as rempli tes réservoirs ?
- Remarque, il verra pas trop la différence...
- Arrête de gamberger et rentre, sinon tu vas finir par rentrer à pointeur !
- Les mécanos parlaient pas de lancer une opération "blocage de jauge au chewing-gum" hier, pour protester contre le retour des Knödel au p'tit déj ?
- Ya une jauge sur ce truc ?
- Tiens, essaye d'arrêter ton moteur et de le redémarrer, pour voir ?
- T'as pas un manuel dans la boîte à gants ?
- RTFM !
- Nan, ces bouses modernes ont plus que des manuels PDF, tout se perd.
- C'est quoi une jauge ?

- Merci les gars. Bon, on va dire que c'est normal, et je tente la traversée retour.

Seconde erreur.
- Jauge espérer que t'as ton gilet de sauvetage ?
- Je mets une option sur sa bagnole.
- Tatata, tout ce qui est à lui est à moi. Hein Marcel ?
- OK, mais je récupère son joystick alors.
- Maurice, appelle l'escadre d'hydravions, vont avoir du boulot !
- Dix contre un qu'il se pomme.
- Mais quel salaud, ce type ! ... Tenu !
- Quelqu'un prend un track ? Je veux voir l'atterro dans le noir !

Gaz réduits, et c'est reparti pour un tour : Est-Grèce - Italie, même avec une carte à échelle réduite, c'est assez long. Et ce pointeur qui ne fait pas mine de bouger après 1h30 de mission, c'est inquiétant... Ah tiens, si, il a bougé ! 325 l restants, avec ça devrait y avoir moyen de refaire le tour de la carte... Du coup, gaz à 80 pour accélérer un peu. L'Italie se profile déjà, une masse noire dans un paysage de plus en plus sombre ; les côtes se précisent petit à petit, et j'oriente mon avion vers le talon de la botte : ma base est sur la côte Nord Est. C'est qu'il faudrait pas se planter de base pour le retour : ça fait perdre du temps, mais surtout ça peut faire gagner un voyage en bombardier torpilleur. Ouaip : on manque de pils dans la chasse, mais moins que de carburant ; alors que chez les torpilleurs ils les consomment encore plus vite que le carburant, leurs pils, vu que l'EM les envoie sans escorte sur les cuirassés rouges...

Base en vue. Vent arrière, tout sorti, base, dernier virage, finale, arrondi, touché...
"Krasno, piste dégagée à gauche". 275 l restants. C'est pas un avion sans visibilité dans le cockpit, c'est un chameau aveugle, ce zinc !
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Message par J.j. » 03 mai 2011, 20:57

De toute façon, avec un Macchi, on peut piquer à 900km/h sur sa cible...

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Message par Krasno » 03 mai 2011, 21:01

Ah, ça peut servir à piquer sur des cibles ? Mon instructeur m'a juste dit que c'était bien pratique pour se faire la malle, me suis fait eu (cela dit, je savais pour le Macchi mais j'ai pas trop voulu tester avec le G.55, en mission...) !
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Message par Krasno » 08 mai 2011, 19:27

Bon, j'avance un peu plus vite en ce moment. Voilà un rapport qui couvre les deux dernières missions de la première journée. La campagne est divisée en deux journées, de 8 missions chacune, les missions se succédant de 2h en 2h. Ces deux missions sont celles de 19h00 et 21h00. Les combats, qui étaient principalement fixés sur l'Italie, commencent à se transporter en Grèce à la suite de l'échec Allié au sud de Rome. Là, la proximité de la Crète permet aux rouges de nous asphyxier à coups de débarquements successifs, surtout que la Grèce est plutôt mal dotée en troupes au sol.

En voici la première partie :

Ils savent plus quoi inventer. Pour pallier à ce qu'ils appellent "la perte d'efficacité apparente de notre couverture de chasse", à savoir les raclées monumentales et successives qu'on se paye en air/air, les cornichons de service ont lancé des missions de chasse de nuit. A défaut de prendre des raclées, et les fonds de tiroir étant un poil vides, on choisit de racler le fond du trou. En soi, ça pourrait être un bon plan : sortir quand les autres dorment. Mais je ne suis pas sûr qu'envoyer 3 avions étêter les taupes ou les poissons faute de visibilité et d'entraînement soit préférable à les perdre à l'ancienne, avec le message radio angoissé, le spitoku et la gerbe de flammes. En tout cas, la méthode traditionnelle me paraît non seulement plus photogénique, mais aussi rend un peu plus simple le boulot du scribouillard chargé d'écrire les lettres de condoléances. Un business qui tourne bien, d'ailleurs, en ce moment.

Encore, si on avait des avions adaptés... Mais la seule différence entre les chasseurs de jour et de nuit, sur notre base, c'est le hangar dans lequel on les met hangarde. Les radars ? En rade. Les cache-flammes ? On les retrouve plus. Le seul truc qu'on a en stock, voire en excès, c'est la peinture noire. Même des pinceaux on en a, le responsable se les est un peu emmêlés quand il a fallu les retrouver, mais il en avait de pleinceaux. Faut dire à sa décharge que la dernière victoire à peindre sur un zinc, l'a fallu aller chercher dans les archives pour la retrouver. Ma monture pour cette nuit ? Un Fw-190A-5 "Maritime", entendez un pauvre Focke déja un peu a la ramasse qu'on a décidé d'alourdir encore plus avec un foutu suppo a hélices supposé être efficace contre les navires, et son point d'emport. Autant dire que "monture", c'est exagéré pour ce qui s'apparenterait plutôt à une mule arthritique. J'espère que dans le tas yen a un un poil plus doué que moi en vol de nuit, torpillage et prières, mais j'ai l'impression que l'EM s'en fout totalement : il nous envoie juste balader un peu ces pauvres zincs dont il ne sait que faire, et espère probablement qu'au moins un des quatre va se planter comme une bouse, histoire de libérer un peu de place dans le hangar.

Et la voilà, la mission spéciale : sortir un peu nos Focke-Wulf, et si possible en larguant nos torpilles aux environs d'un éventuel navire ennemi. Le couler n'est pas vraiment exigé, ce qui prouve qu'il reste quelques types réalistes là-haut. A priori, j'ai rien contre les vols de nuit, encore qu'ils donnent parfois des bouquins illisibles ; mais le dernier, une autre mission spéciale, s'est terminé en queue de poisson, donc ça incite pas à la récidive.

Surtout que j'avais, comme qui dirait, participé à la conception du truc ; ça a tendance à rendre la mauvaise foi un peu plus risquée. L'idée, comme d'habitude, avait l'air sympa. Les rouges, qui aiment compenser l'incompétence par la profusion de moyens, avaient ramené un radar dans leur tête de pont du sud de l'italie. Pas de bol, la base sur laquelle ils l'avaient laissé allait se faire reprendre par nos troupes. Du coup, certains vicelards de l'EM avaient sérieusement étudié le problème...

- Dites, vous trouvez pas que depuis que les ritals se sont fait la malle, la bouffe est immonde ?
- Immonde ? Nan, je vois pas Maurice. On a bien eu des Knödel au p'tit déj, mais bon... Ca se mange pas mal.
- Tu parles des boules de purée caoutchouteuses, là ?
- Z'allez arrêtez un peu de parler boules ! Parlons boulot. On a une urgence : le radar rouge de Crotone.
- On va le péter, dis ? On va le péter ?
- Bah, dix contre un qu'ils savent pas l'utiliser, leur truc.
- Mais nous, si. On prend la base, le radar est en bonus.
- Un bonus que nos chers trouffions ne manqueront pas de réduire en poussières pendant la prise de la base, avec leur esprit d'initiative.
- 'tendez les gars, ils tenteraient pas de l'évacuer, leur truc ?
- Sur leur petit dos arqué ?
- Oui, mais seulement jusqu'à un de leurs milliers de C-47.

C'est de là que tout est parti. Une supposition pour le moins osée (et encore, j'ai coupé avant la discussion sur le plan de vol du C-47), un certain ennui dans les escadrilles de chasse avec l'apparition de la nuit, deux avions bien placés, l'enthousiasme de la dernière mission où la raclée avait été moins rude que d'habitude... Un rapport d'une petite centaine de pages fut rédigé, et publié à un nombre raisonnable d'exemplaires, avec le tampon au bon endroit. Les conclusions tenaient en quelques points :

- Les rouges allaient déménager le radar ;
- Ils n'allaient pas le faire par la route, leur dernier véhicule roulant étant une jeep de collection, modèle 1945, peu apte à embarquer ce genre de passagers ;
- Donc, ils allaient le transporter en avion, et plus précisement en C-47 ;
- Ils allaient vouloir le garder en Italie, la Sicile en étant déjà probablement surchargée ;
- Donc ils allaient selon toute probabilité poser à Valenza ;
- Le trajet prendrait entre 5' et 5'30 ;
- Par conséquent, un Focke-Wulf A-6 chargé d'une bombe de 500 kg, qui pourrait se trouver dans la zone a 18h05 précises, en mettant l'axe d'arrivee probable du Dakota dans la direction du soleil couchant aurait, compte tenu de la couverture nuageuse, du quotient intellectuel moyen du bocal de cornichons ennemi, de la qualité du carburant des forces alliées, de la propreté de sa verrière, de la durée moyenne de sommeil quotidien des mécanos adverses, et du taux d'humidite de l'air, 68,5% de chances de repérer l appareil ennemi.

Bref, allait rusher grave. Rusher ? Pour les profanes, c'est tenter de profiter du fait que l'incertitude sur la position des avions ennemis est finalement assez faible en début de mission : le nombre de bases ennemies est limité, et avec le temps on commence à savoir qui part d'où. On peut donc essayer de les cueillir pas trop loin de leurs bases, en espérant qu'ils tournent un peu autour pour se rassembler, et aient un cap prévisible. Avantage : en général ça surprend. Inconvénient : ça a tendance à moins surprendre quand les DCA à 15 km alentours rejouent le 14 juillet, surtout de nuit... Sauf quand c'est un IA aux commandes, ce que nous escomptions bien, étant donné le peu d'intérêt de ce déménagement de 5 minutes en début de mission pour un joueur humain. Bon, comme c'était un peu une mission foireuse (rusher, ça revient quand même à se jeter aveuglément dans la gueule du loup en espérant pouvoir lui piquer son bout de viande), on avait quand même un second truc à faire : aller taper des tankers en Grèce. D'où la bombe de 500 qu'on se traînait sous le bide, d'ailleurs.

Mais on l'a raté. Évidemment. C'était bien la peine de se casser à faire et refaire la nav au sol, en long, en large et à l'envers : entrée dans la mission, moteur, gaz, décollage, cap 180, montée 500 m, radiateur 2, l'ouvrir à 6 en passant Castrovillari sinon ça chauffe, bien rester stabilisé a 500 m jusqu'à la dernière ligne de crête, puis descendre en léger piqué vers la base ennemie, en restant bien à l'intérieur des terres pour éviter de réveiller les servants de la petite armée de canons posés sur les deux grosses barcasses mouillées dans la baie, rester bas surtout pour ne pas se détacher sur le reste de clarté. Une fois sur zone, chercher, puis remonter a la trace le chemin entre les deux bases. Rien. Et pas de bol: le chemin passe par Crotone, et Crotone question flak n'a pas grand chose à envier à un porte avions. Bref, feu d'artifice nocturne, et extraction de la zone manette entre les jambes et queue au tableau, ou l'inverse... tout ça pour tomber en plein sur un foutu destroyer. Gerbe de DCA, évasive tardive, et aile droite en dentelle.

"De Krasno, RTB, les tankers en Grèce, ça sera pour la prochaine fois pour moi".

Vivent les missions de nuit, quoi. Le pire, c'est qu'ils m'ont pris au mot, les vaches.
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Message par Krasno » 14 mai 2011, 17:10

La suite de cette première partie : la mission suivante... Recherche & destruction de cargos ennemis, de nuit.

Ils nous ont dégoté quatre de ces Fw 190 démodés dont on ne savait plus quoi faire, ont collé autant de torpilles dessous, et nous ont envoyés casser de la barcasse. Pas les nôtres, si possible, mais ça risque pas trop, notre flotte reposant déjà bien en-dessous des 10 m de profondeur auxquels les torpilles plongent au départ. Déjà, habituellement, faire de la patrouille maritime dans un monomoteur, ça a tendance à me contracter l'arrière train. Avec une torpille dessous, l'arrière train se sent moins seul, déjà : la contraction est générale. Mais alors, voler au-dessus de la mer, dans un noir d'encre, au ras de l'eau, pour larguer un suppositoire gigantesque sur un navire à peine visible, rempli de pauvres types... Un truc à vous faire broyer du noir. Et n'allez pas croire que j'assombris à dessein le tableau : profiter de l'obscurité pour aller se faire, en douce, deux-trois tankers à la torpille, c'est une idée brillante, certes, mais déconnectée de la réalité.

Il suffirait pour s'en assurer de rassembler une dizaine de pilotes, et plutôt rapidement, parce que sous peu on risque de ne plus en avoir autant d'opérationnels, et de leur demander combien de torpilles ils ont lancé dans leur carrière. Evitez de le demander aux abrutis de jeunots qui se racontent leur dernière victoire en pleine réunion : ceux-là pensent probablement que tankers désigne les membre d'un parti politique anglais, et qu'une torpille est un plat typique mexicain. La situation sera, je pense, assez rapidement claire, et patente, je dirais : c'est à dire qu'elle ne l'est pas du tout, épatante. Pas désastreuse non plus, vu que, bon, si personne n'a largué de torpille de sa vie c'est peut-être parce que ça sert pas à grand chose... mais pour une mission de torpillage, c'est gênant.

Bref, cette mission est une vaste blague. De l'humour noir. C'est bon de savoir que l'EM en est doté, un peu moins qu'on se retrouve dans le rôle des dindons. Cela dit, pour une fois que j'ai droit à un cercueil bien de chez nous et pas une de ces œuvres d'art ritales, je vais pas chipoter. Le décollage se passe étonnament bien, d'ailleurs : les feux de chaque côté de la piste aident pas mal. Même le regroupement avec le leader se fait sans trop de problèmes, puisqu'il a eu la bonne idée de mettre cap vers un début de clarté, à l'Est : la lune. Les avions sont relativement visibles, et ma confiance dans cette mission, au fur et à mesure que mon avion s'élève dans le ciel étoilé, décolle du fond abyssal dans lequel elle s'était réfugiée.

"De Iceheart, cap nord".

Evidemment, ça pouvait pas durer. Dès le début du virage, les deux avions de tête se sont glissés dans un pan d'obscurité, duquel l'œil peine à les sortir. Là où volaient 40 tonnes de métal vibrant à l'unisson, il n'y eut bientôt plus que trois paires d'yeux tentant désespérément de se raccrocher à leur leader. Notre formation se transforma en un instant en cordée d'alpinistes, reliés les uns aux autres par le seul fil ténu du regard, et comme restreints dans leurs mouvements par ces fragiles attaches. Le premier n'osait bouger brutalement, de peur de perdre ses coéquipiers ; lui seul osa fouiller de son regard l'étendue noire.

"Croiseur ou cuirassé, 11h, on contourne".

Mes yeux ne cillent pas et, résistant à la tentation de vérifier d'eux-mêmes, restent stoïquement attachés à la forme grise du Fw 190 de Madison. Et le vol continue, tout en virages, en instants de peur panique, suivis d'un bref répit de soulagement en retrouvant la tache grise que l'on avait perdue, sur le fond gris. Ca manque juste singulièrement de navires ennemis. D'ailleurs, nous avons rapidement parcouru notre zone, en vain. Cela dit, on pourrait être au beau milieu d'une base de la Royal Navy que je n'en saurai probablement rien. Mais bon, on va pas rester des heures à tourner comme ça, hein ?

- D'Iceheart, c'est vide ici, on va aller larguer comme on peut sur la grosse barcasse.
- Reçu !

L'avion de tête change doucement de cap, ses trois poissons pilotes suivant à l'unisson. Je n'ai aucune idée de l'endroit où est ce croiseur, je ne l'ai d'ailleurs jamais aperçu... jusqu'à ce qu'enfin, la formation se stabilise. Une tache grise, le navire, apparaît dans mon champ de vision, et la descente commence. Soulagé de pouvoir me libérer de la formation pour conduire mon attaque, je suis vite rattrapé par un autre malaise. Voler au-dessus de la mer, à relativement basse altitude, ce n'est déjà pas agréable de nuit. Mais descendre vers la mer, ce néant humide reluisant vaguement, jusqu'à moins de 30 m d'altitude, c'est un truc à humidifier le baquet. Les yeux rivés sur l'altimètre, j'évite de regarder à l'extérieur, et tente de régler ma descente pour me stabiliser à une cinquantaine de mètres, pour ensuite descendre encore, mais très progressivement. 200 m... 150 m... Un coup d'œil à la cible... Original, l'angle d'attaque !

- Euh.. on attaque par les six ?
- J'ai bien dit "on largue comme on peut", hein !
- Ah oui, mais je le voyais pas comme ça... C'est pas plus mal, remarque, les torpilles risquent pas de passer derrière le bateau !

Cerveau à nouveau focalisé sur la descente... Coup d'œil à l'altimètre... Ah la vache, 20 m !! On redresse, entre-temps le tas de ferraille commence à grossir dans le viseur, va être temps de larguer.

-Krasno, torpille larguée

Un temps. Léger virage gauche, un coup d'œil derrière... Pas de miracle, ce soir.

-Bon, ben c'est raté. Ah, vous aussi ? Bon, et on fait quoi maintenant ?

La nuit, le choix est limité : le seul truc efficace à faire, c'est de l'attaque au sol. Parce que les textures au sol sont presque fluorescentes dans ce simulateur, ou en tout cas gardent peu ou prou une partie de la luminosité qui est la leur en pleine journée, qu'un véhicule sur une texture claire se voit comme le nez au milieu de la figure, et que de toute façon les camions alliés ont la bonne idée d'être bâchés en blanc. Bon, là, le problème, c'est qu'on ne savait pas trop où trouver des troupes au sol, et qu'un photographe dans son 109G-8 de reconnaissance venait de se faire engager et glapissait à vous réduire les tympans en marmelade anglaise. Un truc qu'on devrait qualifier de haute trahison. M'enfin, il a quand même fallu l'aider, enfin plutôt le regarder pendant qu'il mettait son Spit à la raison, à coups de 20 mm. On est restés regarder, bêtement d'ailleurs : se tourner autour dans le noir, c'est un truc à se rentrer dedans, ou à se prendre une rafale d'un type attiré par le feu d'artifice.

Nous nous séparons donc précipitemment, bien que bons amis, après le spectacle pour aller déterrer les troupes ennemies, mais cela s'avère compliqué. Je tourne désespérément autour de la pointe de Bravo-Delta 17... Pointe à la végétation typiquement méditerranéenne, c'est à dire couverte de textures dites "Maquis", ou "invisibles" ; le second adjectif ne qualifiant pas les textures, mais tout véhicule posé dessus, voire tout avion vu sur un tel fond. Et la nuit a beau laisser une bonne visibilité au sol, quand on voit rien en journée... Bref, ça s'annonce mal, mais je répète les passes, sur le cap et sur le bord de mer. Rien, que dalle. Ah ? Si ? Un camion ? Non, un bunker. A nous, donc. Et dans un sale état. Z'ont donc bien dû passer par là pour le détruire, ce bunker, mais ils se sont bien enterrés, les vaches.

- OK, rien ici, je passe à la zone Péloponnèse.
- De Jipi, j'y suis, je prends la route Ouest en Bravo-Alpha 14.

Gaz réduits au régime de croisière éco, et cap vers la côte Est du Péloponnèse. Peu de risques de se faire descendre, de nuit, à part par un IA... qu'il sera de toute façon impossible de voir venir. Donc trajet tranquille, presque sympa, un vol de loisir. Cela ne dure pas : la carte étant à échelle réduite, la "côte Est du Péloponnèse" ne fait guère que 30 à 40 km de long, et j'y arrive plutôt rapidement.

- En vue des côtes, je prends la route côtière Est, et je la descend jusqu'au village.

Les textures sont un peu plus coopératives ici, la côte étant principalement sablonneuse, l'idéal pour repérer des intrus. Et des intrus, il y en a tout un tas ! Camions, chars, mitrailleuses et canons A/A... Un vrai festival. Et un défouloir de bonne facture, après l'heure passée dans le noir à poursuivre des navires fantômes et à regarder des Spits couards se faire tailler les ailes en pointe. Je me sens brutalement dans la peau d'un gamin mis en face d'un terrain de jeu de quelques centaines de mètres carré, parsemé de dizaines d'œufs de Pâques. Dotés d'armes anti-aériennes lourdes, quand même, comme il se doit... et soutenus par quelques gros navires dans la rade, du genre bien pourvus en grosses basses.

Là, le jeu consiste à dépenser le moins possible de munitions par véhicule, tout en tournant serré après les passes pour ne pas trop s'approcher des navires, en économisant au mieux le carburant et en évitant d'aller voir de trop près le sol ou un avion allié. La combinaison idéale pour se planter. Et on est partis : altitude 500 m, gaz réduits 60 %, direction la route au nord des cibles. Virage 90° gauche pour se mettre sur un axe Nord / Sud, le long du relief et de la côte. Annoncer. "Krasno, en passe, cap 170". On garde les gaz à 60 % pour prendre un peu de vitesse pendant la descente. Viser la zone où se trouvent les véhicules... Les premiers points noirs sont déjà visibles, ce sont nos cibles. Garder le nez un peu au-dessus pour compenser l'angle d'incidence. L'appareil est maintenant bien stable, il ne reste plus qu'à trouver un camion intact sur notre chemin... Deux ou trois secondes seulement sont disponibles pour cela. Là, une bâche blanche ! Légère inclinaison de l'appareil en roulis, pour laisser le nez glisser sur la cible... On laisse l'avion descendre, on place la cible juste en-dessous du centre du viseur... 700 m. 500 m. Aligner le viseur sur le haut du toit. 300 m. Je presse la détente une bonne seconde, et immédiatement ensuite tire sur le manche. Cible détruite, mais pas le temps de pavoiser : les navires sont en face, et le comité d'accueil est salé. 80 % de gaz, manche en butée gauche, 80° de roulis et on tire sur le manche jusqu'au cap 45. Et on repart...

Bizarrement, le tout se termine sans incident. Une mission avec combat aérien en spectacle, sans pertes, et avec plusieurs unités au sol anéanties, c'est un résultat plutôt inattendu. D'après les rouges, les blagues les meilleures sont les plus courtes... On verra demain.
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#35

Message par Krasno » 31 mai 2011, 00:50

Une petite pause plus tard, on reprend le fil : c'est le matin, plus d'Italiens...

Réveil difficile. Ces enflures de Ritals ont tourné leur veste, en emportant avec eux leurs zincs, que je commençais juste à apprécier ! Je doute que le passage sur des bêtes de guerre comme le Fw 190A-5 Torp, un étalon arthritique sur lequel au aurait collé un jockey bedonnant, ou le Bf 109G6, une pure daube germaine, ne puisse réduire nos pertes. Certes, ya aussi un peu de Fw 190A-8 dans les cartons, et ça c'est de la bonne, mais vu la tronche de nos usines on est pas près de dire adieu à nos vieux bourrins. Cela dit, ce coup-ci je suis chanceux, j'ai droit à un MC.205 qu'ils ont laissé derrière eux, pas un mauvais avion en soi, et probablement bien meilleur que les deux briques citées au-dessus : faut juste apprendre à le connaître. Le gros, gros défaut, en fait, c'est la visibilité pourrie à l'arrière. Et c'est pas le rétroviseur minable placé là par acquis de conscience (ou un autre, j'ai pas tous les noms en tête) qui va corriger ça.

Mission sortant de l'ordinaire, aujourd'hui : escorte de 4 Stukas chargés de nettoyer la côte Sud-Est de la pointe de la botte d'une petite escadre de guerre alliée ; en parallèle, deux Fw 190A6 sont censés s'occuper de deux tankers dans la rade. Deux Fw pour deux tankers, c'est optimiste... mais on verra bien. Rendez-vous côte nord de l'Italie, à l'opposé de nos cibles : on est courageux, mais pas téméraires, et les Stukas aimeraient bien monter un peu avant de se faire tuer, histoire d'avoir de la marge au niveau ouverture de parachute.

C'est sans compter sans l'EM : les Stukas sont redirigés en Grèce dare-dare, paraît que ça chauffe là-bas. Le Made In Italy frappe : déconnexions et commandes de vol foireuses, trois abandons. Un seul Macchi pour escorter deux Fw 190... Une bonne blague, si ce n'était réel. Les Fw 190... Ah non, les Focke ça va bien pour eux. Enfin, jusqu'au moment où ils ont piqué sur les navires, pour en couler un sur deux, et extrait sur des caps quasiment opposés. Dans le champ des radars ennemis. Avec une escorte, votre serviteur, 6000 m plus haut, sur un troisième cap d'extraction et un peu loin pour réagir. Oui, ça a coupé. Les deux. En trois minutes. Bref, j'étais pas dans mon assiette, arrivé en Grèce. Devenu un peu parano, et pas aidé par l'espèce de mur de soutènement qui me bloque la vue entre les 4 et les 8 heures.

Enfin, faut pas se laisser aller... Tant qu'ya des muns et du carbu, rien n'est perdu. La traversée s'était passée sans trop de problèmes, donc les rouges étaient probablement en train de digérer leurs deux victoires. Niveau conso, ça va encore, mais va falloir continuer à rationner : s'agit de rentrer en Italie, après tout ça. Cela dit, il est temps de passer sur la fréquence locale.

- Krasno sur fréquence Grèce, du bandit chez vous ?
- T'en as vu chez toi ?
- Moi ? non. Par contre les deux types que j'étais sensé escorter, d'assez près oui. Mais ils étaient un ou deux, pas beaucoup plus.
- Bon, ben y sont où les 23 autres à ton avis ?
- J'ai bien envie de répondre un truc, là, mais...
- 'tends, je vérifie quand même... vache, on est suivis !
- Heureux d'avoir pu être utile.
- Iceheart, Deux P-47, loin. On plonge, cap 180.
- Krasno, j'arrive en colonne Bravo Alpha cap 90, alti 2000 m, je peux aider ?
- On est en Bravo Bravo 20, deux Fw 190 au 180, 4000 m, avec deux P-47 à la traîne mais pas pour longtemps, y cravachent les bougres.
- Je veux bien filer un coup de patte mais va falloir descendre parce que là, c'est mal parti: je suis qu'à 2000 m.
- On descend vers 2000.
- Z'êtes où là ?
- Bravo Alpha 19.
- Ben, je dois être dans vos 3, mais je vois rien.
- 'tends... Si si, on déjà croisé là ! Dans tes 2 !
- Ah ? Ben je vois toujours rien. Bon, prenez 90 droite, stabilisez sous les nuages et je vous retrouve.

Bon, s'il sont dans mes 2 en leur faisant prendre un 270 j'ai au moins une chance de les rattraper. 90 droite, cap 180, on passe sous les nuages... Je gère grave, d'ailleurs : les voilà ! En-dessous de moi passe un superbe Fw 190 dernier modèle, au cap indiqué, à l'alti indiquée. Rien derrière, par contre... Sont où les bandits ? Bon, on va se caler dans ses trois pour le couvrir...

- T'es en train de te caler devant les bandits, ça va pas aider...
- Mais oui c'est ça, occupe-toi d'étendre et laisse-moi faire le boulot. Allez aider les gens, tiens...

Ca, je l'ai pas dit, hein, mais je l'ai peut-être pensé. A tort, à en juger par la quantité de traçantes rouges qui passent à peu près immédiatement de chaque côté de mon cockpit. Cri à la radio, manche au tableau, palo à gogo... Ouf, ça passe, mais va falloir penser à breaker serré : sur la tranche, on cadence, et on se tortille pour voir quelque chose derrière... Toujours rien, à part des traçantes. On renverse... Ah si voilà la bête, c'est bien un P-47, donc normalement en tournant bien serré... Au moins je sais où il est, maintenant.

- Inverse gauche !
- J'inverse gauche.

Roulis à droite, on passe sur le dos pour repartir en gauche, pratique pour éviter de se faire éparpiller façon puzzle au renversement. Et on cadence.

- Ice au shoot ! Splash !
- La vache, il a mangé ! Le MK 108 ça nettoie...
- Moi ? Non pas tant que ça, juste un problème technique.
- Meuh non Cow on parle pas de toi.

Bon, c'est pas encore ce coup-ci que j'y passerai. D'ailleurs, plus personne n'y passera, les avions commencent à se rentrer petit à petit. On poursuit bien un poil le P-47 restant, mais pas longtemps : peu utile et dangereux. Être vivant ne fait pas de cette mission une réussite stratégique, d'ailleurs : les débarquements en Grèce se sont intensifiés, et les rouges ont mis le paquet : tankers en pagaille, chars et DCA à l'avenant. Athènes commence doucement à être encerclée, la pression monte sur Corinthe à l'Ouest, Tanagra à l'Est et même Neo Anchialos au nord, qui vient d'être prise. Nos barrages à base de 88 mm, de Panther et de Tigre tiennent toujours, mais nos troupes au sol, qui font un carnage des Sherman et autres Crusader, ne supporteraient pas la moindre attaque aérienne sérieuse. Du coup, la stratégie à tenir s'impose : casser les navires de transport avant leur arrivée, et couvrir nos troupes au sol avec un grand nombre de chasseurs, concentrés au même endroit. Les éventuelles percées de chars seront réprimées à coup de Me 410... qu'il faudra aussi couvrir.

Mais d'abord, il va falloir s'occuper des unités navales qui pilonnent nos troupes à l'Est de la Grèce... Et deux heures après avoir décollé pour la première fois de la journée en Macchi, je redécolle dans le même avion, d'Athènes ce coup-ci. Les priorités sont claires : couvrir nos bouchons de Corinthe et Tanagra, couler le croiseur et le destroyer ennemis au large des côtes grecques, et éliminer le radar que les rouges ont amené dans leurs bagages à Neo Anchialos. Seulement, buter du croiseur, c'est pas un sport de masse. Il faut un bon paquet d'explosifs, et dans la même section de coque. C'est pas mon Macchi qui va servir à grand chose, à moins de jouer les kamikaze. Donc plutôt que d'envoyer huit Jabos sur le machin on ressort les baleines, en l'occurrence un Fw 200 qui n'avait pas dû voir la lumière du jour depuis belle lurette, on lui colle deux bonnes grosses bombes de 2000 kg, les dernières de Grèce, un pilote suicidaire, ou volontaire désigné d'office, et une escorte qui sera principalement chargée d'attirer le feu de la DCA. Toute la chasse de l'Axe est rameutée sur Athènes, Corinthe et Tanagra, en espérant prévenir les attaques rouges sur nos chars.

Premier sur piste, je décolle et prends de l'avance : mon boulot est de repérer le croiseur, probablement bien renfoncé dans la baie de Tanagra, et de donner un axe d'attaque au Fw 200, puis de faire le clown pour attirer la DCA sur moi. On décolle proche de la cible, donc pas de risque de ramasser les Spits sur le coin de la figure. Pour le moment... Tout tourne comme sur des roulettes, le croiseur est gentiment orienté, le pil' du Fw 200 ne se rate pas, et les serveurs de DCA en sont probablement encore au p'tit déj. Et un HLM à poiscalle livré, un ! D'ailleurs, le destroyer 10 km au nord ne va pas tarder à boire le bouillon, lui aussi : une demi-douzaine de Jabos en arrivage l'ont maintenant comme cible n°1. Au passage, ils se feront le radar de Neo Anchialos.

Reste à couvrir nos troupes... Avec deux chasseurs sur zone, en attendant les renforts d'Italie et du nord de la Grèce. Heureusement, ils arrivent assez rapidement, et les radars nous permettent d'éviter d'engager en infériorité numérique. La difficulté, c'est que les opérateurs ont bien du mal à gérer ces centaines de km², et ne peuvent pas tout voir. Du coup, on se tourne beaucoup autour, mine de rien. Après toute une première partie de mission passée surtout à prendre de l'altitude tout en évitant de me faire engager, je rencontre ainsi mes deux premiers collègues, en G.55, comme moi à 6000 m. Après avoir poursuivi ensemble sur plusieurs kilomètres ce qui s'est avéré être un Ju 88 bien de chez nous, on se sépare et je retourne vers le sud...

- De Krasno, DCA sur Corinthe ! J'y vais.

Moteur réduit, on pique légèrement en avant de Corinthe pour être au ras du sol avant de passer sur la base, et on cherche les contacts. Heureusement la DCA légère en remet des couches régulièrement, ce qui me confirme qu'il y a bien un truc à cocardes dans le coin... Mais pas moyen de distinguer quoi que ce soit. N'ayant pas spécialement envie de remonter avec du Spit sous mon nez, le genre de truc qui en général se termine mal, je reste en bas, avec de la vitesse, espérant voir les bandits avant qu'ils ne me voient. Je passe à travers une chaîne de collines, en longeant la côte... Là ! 3 points noirs, en train de straffer ! Une annonce rapide à la radio, les autres ne sont pas loin, j'engage.

Je m'approche en douce, en restant plus bas que le relief. Les trois contacts continuent de straffer, sans faire attention à moi. J'oriente mon avion pour épingler au passage celui qui remonte... Une paire d'ailes s'apprête à traverser mon viseur... Je corrige au palo, enfonce la détente. Snapshot, mais ça ne tombe pas. Je remonte, utilisant ma vitesse. J'ai du renfort en pagaille dans le coin, avec au moins trois appareils alliés annonçant qu'ils arrivent. Et là, dans le feu de l'action, tout naturellement, j'incline mon appareil et replonge sur le Hurricane que je viens d'allumer. Première bêtise : si engager trois bandits dans un avion plus rapide, et avec l'avantage de la surprise, n'est pas nécessairement débile, surtout avec des renforts en approche, il y a plein de choses plus intelligentes à faire que de continuer en tournoyant juste après la première passe, surtout quand on tourne moins bien, et qu'on a la visibilité d'un canasson à œillères. Non seulement intelligentes, mais simples, d'ailleurs. A commencer par la plus sûre : se barrer, ventre à terre, laisser les Hurris sur place, et revenir pour les engager à nouveau.

Certes, monter en chandelle au-dessus pour jouer les boom&zoomers, c'est aussi une possibilité, qui permet de réengager plus rapidement et de garder le combat au même endroit, ce qui peut aider les autres à venir en renfort. D'ailleurs, yen a qui ont essayé. Mais c'est joueur : si le Hurri Mk.IIC a bien deux avantages, c'est sa capacité à monter le nez à quasiment toute vitesse, et son armement dévastateur. Se retrouver en chandelle au-dessus de trois zincs ennemis sans énergie, c'est pas une trop mauvaise position... dans la mesure où les zincs ennemis sont bien trois, et qu'il y a pas un petit quatrième avec un poil plus d'énergie pour vous cueillir en haut, sans vitesse. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'engager en tournoyant dans la foulée, c'est pas un bon plan.

Enfin, ça, c'est vrai que le type qui vient de prendre une rafale en travers de la tronche alors qu'il était en train de straffer en douce dans un coin tranquille avec trois de ses copains, il n'en est que relativement peu conscient. D'ailleurs, conscient ou pas, il a quand même pas mal mangé, et son avion n'est plus exactement comme neuf. D'où un taux de virage limité, une tendance à décrocher, et une issue logique, après un virage défensif trop faiblard :

- Krasno, splash !

Seulement, ailes en charpie ou pas, l'a fallu que je serre à mort pour suivre, et niveau énergie je suis un peu en rupture de stock. Le Macchi, ça tourne mieux que le Wulf, mais c'est pas Byzance. Contre du Hurri, faut sacrément dégrader. Et comme les rouges sont pas totalement manchots, j'ai évidemment les deux autres bassets accrochés au mollets, mais des bassets équipés chacun de 4 canons de 20. Pas exactement le bon moment pour merder, hein ? Plus spécifiquement, pas DU TOUT le bon moment pour commencer à essayer de battre les Hurris sur leur terrain : le virage continu, au lieu de gentiment se faire la malle en semi-piqué, en les laissant sur place et en laissant les autres les finir. C'est bien pour ça que je suis parti en virage serré pour chopper le second, aussi à ma portée. J'ai bien fini par revenir à la raison, remarquez, à peu près au moment où après un 360 complet, et une série d'échanges animés avec le reste de la fréquence qui ne se résolvait décidément pas à descendre de ses 6000 m d'altitude sans avoir une position exacte, le mieux placé m'a collé un ou deux obus dans l'aile droite. Plutôt handicapant, en Macchi. Le genre de trucs qui calme. J'ai pensé à sauter, mais on a son amour propre. J'inverse le virage. Reprends une seconde bordée.

Au diable l'amour-propre !
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#36

Message par hellfrog » 31 mai 2011, 22:51

super ces comptes rendus ! bravo pour l'effort de rédac ! :notworthy
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#37

Message par Krasno » 31 mai 2011, 23:20

Merci, c'est jamais facile de rester équilibré entre un temps de rédaction et une qualité raisonnables... Surtout quand il y a une mission par semaine ! D'où un petit décrochage récemment, mais j'espère bien boucler les dernières missions.
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#38

Message par Krasno » 01 avr. 2012, 20:30

J'ai eu un gros coup de flemme, et puis un déménagement aussi, mais j'ai du mal à ne pas finir cette série grecque. C'est l'histoire d'une poignée de Focke aux prises avec l'essentiel de la chasse alliée, une division de Half-Track et la plupart des navires américains dans la Méditerranée. Rassurez-vous : les bons gagnent, à la fin.

Et ensuite, je pourrai commencer avec un gros décalage, oh, juste quelques mois, l'explication que tout le monde attend : comment que Montgomery s'est dépatouillé pour mettre la raclée à Rommel sur El-Alamein.

La Grèce, encore. Une CAP, toujours. A force de tourner en rond, je finis par perdre la boule. On commence à connaître la région comme notre poche, au moins. Voilà le deal : on couvre nos troupes, en permanence, même à l'heure de l'apéro, et elles bouffent du rouge, même à un contre trente. Les Tigre et les Panther se jouent des Sherman comme de jouets d'enfants, et heureusement d'ailleurs, parce que les chars et les canons de l'Axe, ça court pas les rues en Grèce. Le dernier cargo disponible, blindé de troupes de renfort en provenance d'Italie, s'est fait avoir juste avant d'arriver sur place... Et les usines ont mangé sévère. Du coup, le moindre char perdu est un drame national. Mais ça tient. Pour l'instant. Principalement parce que les Alliés sont au four et au moulin et tentent de couvrir leurs deux fronts : Rome, où ils ont débarqué avec la bénédiction solennelle de notre EM, et d'où ils aimeraient bien descendre sur Naples, notre second point de contrôle en Italie, assez bien défendu ; et la Grèce, où ils nous sortent quasiment un débarquement par mission, mais sont tout de même bloqués par trois pelés en Tigre et quatre tondus maniant leurs 88 mm.

Bref, en mettant tous les pions volants en Grèce, on arrive à maintenir un semblant de supériorité aérienne, et tant que l'Italie tient, on continue. Faire de la chasse sous couverture radar pour défendre des cibles discrètes et relativement bien pourvues en DCA, c'est plus que jouable, et ça marche, même. Le seul gratin de sable, c'est cette foutue base de Neo Anchialos où les rouges ont débarqué tout leur stock de DCA, et d'où ils peuvent faire partir des chars à volonté, vers Athènes au sud ou Skopjie au Nord. Dans le genre épine dans le pied, on a pas inventé mieux, et c'est pas spécialement l'abondance de troupes pour bloquer leurs axes de progression qui nous étouffe. Heureusement, pour ça on a le décapsuleur idéal : Me 410 avec canon BK 5, 5 pour 50 mm, le genre de trucs qui vous ouvre du Sherman comme une canette de corned beef (et avec moins de dégoût). Et on a même les pilotes qui vont avec, le genre capable de se payer une vingtaine de chars en mouvement avec les 35 obus disponibles.

Bref, pour l'instant les Alliés se cassent les dents sur la Grèce... mais ça tient à pas grand chose. D'où les CAP innombrables, et les reconnaissances armées en mer non moins omniprésentes. On a même été jusqu'à ressortir quelques Fw 190A-5 Torp, jusqu'ici réservés au combat de nuit, pour faire de l'anti cargo au Nord Ouest de la Grèce ! J'en étais...

- Vos deux Fw 190A-5 Torp partent de la base de Tanagra, direction carré Bravo-Delta 19. De là, remontée cap Nord en recherche d'un cargo ennemi repéré il y a moins de deux heures, cap plein Nord. Il devrait se trouver vers Bravo-Delta 21, mais a pu changer de cap depuis son dernier repérage. Deux Fw 190A8 sont quand même là en backup avec deux bonnes vieilles bombes de 500 kg, vu la votre talent pour le torpillage. Vous les guiderez vers la cible dès que vous la repérez.
- Et ensuite ?
- Ensuite ? Optimiste, hein ? Bon, les survivants pourront aller mourir sur Athènes, en CAP.

Une CAP ? En Fw 190A5 Torp ? Je n'ai rien contre le Fw 190, hein, c'est un excellent appareil de manière générale : il compense un rayon de virage déplorable par une vitesse suffisante pour tenir en respect ses contemporains, une relative solidité, un bon taux de roulis qui permet de jouer les mouches cocaïnomanes dans le viseur des bandits si besoin, un armement capable de rejouer massacre à la tronçonneuse sur les Spits imprudents, et un coussin épais comme Goering. Seulement, les avions contemporains du Fw 190A5, côté rouge, peuplent déjà les musées, et le moindre chasseur Allié lui met 50 km/h dans la vue. Donc la vitesse, oualou. Et l'armement, c'est bien, mais quand on a un type dans les 6, ça n'augmente pas réellement les chances de survie. Donc du Fw 190, oui, et plutôt deux fois qu'une... mais faudrait arrêter de recycler nos warbirds ! Enfin, on est plus à ça près, et tant qu'à faire, à choisir entre ça et un Bf 109G6...

Comme on est pas vraiment des pros de l'anti-navire, quelques révisions des fiches techniques sont nécessaires... C'est pas qu'on risque de confondre avec les nôtres, vu que ceux-ci ont la particularité d'être presque tous protégés par une centaine de m d'épaisseur d'eau et, déjà, quelques centimètres de flore aquatique, mais faire la différence entre un Liberty Ship et un destroyer n'est pas à la portée de tout chasseur, surtout qu'ils ont collé de la DCA sur leurs transports. Des séances d'entraînement se succèdent, où des concepts essentiels tels que la définition exacte de la hauteur des Liberty Ship (faut-il prendre jusqu'au mât, juste la coque, tenir compte des superstructures ?) est âprement pinaillée par quelques importuns shipauteurs, qui ont d'ailleurs du mal à en prendre par rapport au sujet. La vitesse de ces navires est aussi un paramètre important pour ces importuns, à juste raison d'ailleurs, et une explication détaillée, et historique, du nœud marin se retrouve à l'ordre du jour de la plupart des réu-gnons, jusqu'à ce que chacun en ait sa douzaine d'exemplaires au cerveau.

De fait, la partie anti-navires commence pas trop mal : au bout de quelques minutes d'une navigation sans histoires, nous repérons un cargo ennemi en ligne 21, et redirigeons prestement les Fw 190A8 dessus après avoir longuement vérifié que c'était un cargo, et que c'était ennemi. Nous cafouillons certes un chouia, en envoyant les braves gens 20 km au Sud-Est de l'endroit réel, mais l'erreur est rapidement réparée. Assez contents de nous, nous nous mettons en passe l'un après l'autre. JC, mon ailier, fait un malchanceux "touché, pas coulé", et je me mets en passe à mon tour, confiant : le bateau va pas vite, ma torpille si, donc ça devrait pas être bien compliqué à toucher, si ? Surtout que c'est pas comme si j'avais pas fait une douzaine de ces lancers en guise d'entraînement, atteignant quasiment 100 % de réussite.

- Krasno en passe ! Du gâteau.

Stabilisé, 10 m d'altitude... c'était quoi le repère déjà ? Ah oui, coincer le navire entre le viseur et le montant droit du cockpit. Allez, faisons ça. Ah zut, je suis pas du bon côté : vu comme ça, le bateau a tendance à s'éloigner du viseur... Et ce cockpit de Wulf qui est pas symétrique ! "Passe avortée, je recommence de l'autre côté." Ce coup-ci, ça ressemble bien aux photos d'entraînement. navire coincé à droite du viseur, altitude stable et minimale... "Torpille larguée !" Virage gauche, puis on renverse pour regarder la torpille suivre sa route... pour regarder la torpille suivre sa route... la torpille. Suivre sa route. Ben, elle est où ? Comment ça se... Ah m***, ma vitesse ! Après un piqué de 1500 m, même gaz ralentis... Ya des chances que ça soit au-dessus des 250 ou 300 km/h réglementaires. C'est sensible, ces p'tites bêtes. Bon, ben va falloir que les A8 assurent.

Heureusement, c'est pas des manchots, et Baballe nous coule ce bougre de cargo à la première passe, après un court suspense de série B. Plus qu'à se taper la CAP, maintenant. La routine : les rouges sont surtout en Italie, et la Grèce n'a le droit qu'à la piétaille, IA ou quelques humains par-ci, par-là. Quelques Beau rencontrés en train de straffer une base les font moins (les beaux) après quelques rafales ; une paire de Spits IA en patrouille se laisse surprendre et accepte mon offre généreuse d'obus de 20 au détail après une poursuite haletante, et deux Typhoon chargés de roquettes se font corriger par J.C. Nous sommes aussi témoin d'une superbe défense d'un Bf 109 qui envoie son aggresseur, en Spit, à la flotte après une belle frontale. Même pas le temps de donner un p'tit coup de vain. Les Me 410 de Balto rencontrent bien quelques problèmes, des cibles un peu trop généreusement défendues par quatre Half-Track équipés d'affûts quadruples de 20 mm. Ce vicelard de Balto se voit forcé d'appeler un chasseur pour jouer les lapins pendant qu'ils décapsulent, tâche qui envoie rapidement l'infortuné Bf 109, peu adapté à ce genre de missions, aux fraises.

La fin de mission inaugure une tradition par la suite bien ancrée, l'habituelle tentative de ravitaillement de Neo Anchialos par atterrissage d'avions, voire parfois de C-47. Comme nous sommes relativement peu enthousiasmés par l'opportunité d'avoir un radar rouge en plein milieu de notre dispositif, sans parler de chasseurs basés là, l'EM se met en quatre pour assurer la présence de chasseurs encore dotés en carburant et munitions capables d'intercepter d'éventuels forceurs de blocus. Comme les Beau ont tendance à vider les casiers de leurs aggresseurs avant de tomber, et que mine de rien, un bête IA demande à peu près autant d'obus pour y passer qu'un joueur expérimenté, nous nous trouvons tous bien dépourvus en munitions, bise ou pas. C'est donc Balto, dans son Me 410, qui s'y colle, en nous gratifiant d'une superbe passe frontale au BK 5 sur le C-47 en longue finale, tout en faisant la nique à la flak.

Et comme d'habitude, la mission s'est relativement bien passée, les pertes rouges sont gigantesques par rapport aux nôtres... Mais la situation reste la même : une Grèce sous perfusion. Des unités rouges seraient en train de remonter vers Skopjie. Comme d'habitude, on sait déjà ce qu'on doit va devoir faire avant de sortir de la mission... Et ce coup-ci, c'est une mission supposée à hauts risques. Une partie de l'EM, un poil obsédée par quatre Half-Tracks de Neo Anchialos en route vers Skopjie, qui auraient survécu, commence à nous bourrer le mou avec une cinquième colonne qui frapperait Skopjie simultanément avec l'arrivée des Half-Tracks, le tout en conjonction avec une attaque massive rouge, et un larguage non moins massif de parachutistes. On ne parle pas d'aliens, mais c'est tout juste. On leur envoie donc du costaud, à ces Half-Track : un Fw 190A6 et un Fw 190A8 avec chacun une bombe de 500 kg, pour éviter d'avoir à trop straffer, plus deux Fw 190A7 en soutien. Certes, ça fait un peu raclage de fonds de tiroir, mais bon... Quatre Fw 190, c'est tout de même respectable.

Et voilà mon fessier installé confortablement dans mon Fw 190A-6, 550 km/h, 3 tonnes 4, 500 kg d'acier suspendu sous le ventre. Décollage habituel en Fw 190 : toutàfond, ça avance pas, ça avance pas, dis tu vas accélérer oui, oh la vache la fin de la piste je vais au tas je vais au tas, trim volets prier sortir les mains pour ramer oooouuuf on est en l'air. Nav' cap plein nord vers le point de rassemblement... Le plan, au départ, c'est de partir de ce point, et de se taper l'exploration attentive de toutes les routes pourries de la région, dans un rayon de 20 ou 30 km, pour y dénicher nos quatre intrus. Le genre de boulot rasoir... dans tous les sens du terme, d'ailleurs, parce qu'une DCA bien planquée couplée à une exploration un peu trop proche du relief, ça peut couper dans la grèce.

Et nous voilà partis à la chasse du groupe de fauves. Rares, les fauves. Et bien planqués. Si bien planqués que la traque s'apparenta plutôt à une chasse aux clés de voitures par son manque de décharges d'adrénaline. Encore que, il y a bien un moment où j'ai perdu de vue Iceheart. Je vous dit pas la trouille que j'ai eu. Bon, il était juste caché derrière un des piliers de soutènement qui constitue la verrière de ce bel avion... c'est pas pour les cardiaques, ces trucs là. Mais de Half-Track, point. Et c'était comme qui dirait pas prévu au programme, qui tendait plutôt vers une hypothèse impliquant des Half-Tracks méchamment aggressifs, des pertes dantesques, des renforts décimés, et la création d'un mémorial à la gloire de nos pilotes tombés bravement, encerclés par le destin et quatre véhicules venus tout droit de l'enfer.

Donc mine de rien, on s'est retrouvés un peu orphelins. Corse avait bien achevé les souffrances d'un pauvre Greyhound bloqué devant un pont détruit, qui plus est défendu par la moitié de nos troupes de Grèce ; mais ce n'était qu'une faible compensation. Et quatre Fw 190 rentrant immobilisés pour brasser de l'air pendant toute une mission, loin des chasseurs ennemis, ça fait désordre. J'avais pas décollé en Focke avec une bombe pour la larguer bêtement dans la première rivière venue. Tant qu'à faire, autant se faire un truc bien juteux... Et en cette saison, quel fruit peut bien être plus juteux qu'un bon tanker à la ligne de flottaison réhaussée par le poids de sa foisonnante cargaison ? C'est bien l'avantage de se défendre contre un ennemi aux réserves virtuellement illimitées : les cibles ne manquent pas. La chasse n'ayant rien donné, nous passons donc à la pêche. Il y a bien déjà un groupe chargé de faire le tour de la Grèce, mais sa priorité est l'Ouest, complètement démuni contre le moindre débarquement. Donc si on peut aider...

La patrouille commence, monotone, au-dessus de la mer Egée. Les chances de rencontrer un navire au départ étant faibles, chacun se détend un peu, mais nous dépassons rapidement le Péloponnèse, grande zone touristique anglo-saxonne en cette période de l'année. C'est aussi plus dangereux, au sud, parce que les rouges, jamais avares de radars, en ont probablement truffé leurs territoires... Et 30 km de rayon, sur une carte aussi resserrée, c'est beaucoup. On s'arrête donc en ligne 14, à la limite de leurs radars de Crète. La descente vers le Sud est terminée, la côte Est de la Grèce est complètement claire de tout navire ennemi ; reste à couvrir le Sud, au cap 270. On va pas trop traîner là, mais si seulement on pouvait

- Trois navires, midi !
- Euh... No joy.
- Ah non, deux navires et une île !
- Toujours pas... Ah si visuel ! Les deux A-6, on plonge, après frappe extraction cap Nord, et on remontera sur Athènes pour aider la CAP.

Situation parfaite : pas de bandits en l'air, temps superbe, et deux bons gros navires bien ventrus dans nos midi, avec une trajectoire perpendiculaire à la nôtre. Du gâteau. S'agit de pas gâcher, cela dit : deux bombes, deux barcasses, pas le droit à l'erreur. Pleins gaz, "je prends le plus loin", léger piqué... L'aiguille du badin se déplace paresseusement vers les 600 km/h. Une Rolls, en piqué, cet avion. La surface des vagues s'approche, légère pression sur le manche, et l'avion relève doucement le nez. Stabilisé à 20 m, je pointe mon nez sur la passerelle du navire. La DCA est toujours aux abonnés absents, une bonne chose. J'ai insensiblement fait glisser mon avion au plus près de l'eau, pour éviter que la bombe ne rebondisse au-dessus du navire ennemi. C'est la technique du Skid-Bombing, ou Bombardement par ricochets : faut être très bas, très vite, aligné sur la cible, et lâcher. C'est à peu près bouletprouf, ce truc-là. Pour se rater, que deux solutions : larguer de trop haut, la bombe passe au-dessus du bateau, mais là c'est pas de bol, quand même ; ou larguer de trop loin, la bombe s'arrête avant le bateau. En étant bas, et en larguant une fois que l'hélice a commencé à tailler dans les superstructures, ya pas trop de risques. Enfin, si, le risque d'emplafonner le rafiot. Mais rater ? Faut le vouloir.

Et malheureusement pour les deux machins, ça tape bien. Pif, et paf. Deux bateaux. Du coup, tels un groupe de gamin venant de coller un coup de tatane dans un nid de frelons, l'instinct de survie revient au galop :

- Euh, et si on se barrait, là ?

Cap Nord, direction Athènes. D'où tout le monde est en train de décaniller, d'ailleurs, cap encore plus au Nord, vers Skopjie, où la météo annonce un rassemblement de nuages particulier, du genre bombardier quadrimoteur allié. Donc on monte, au nord et en haut, vu que ces choses là, ça ne condescent à descendre en-dessous de 9000 m que pour se poser. Seulement, évidemment, et comme prévu, le temps de monter tout est fini, et c'est tout juste si j'ai le temps d'apercevoir de loin le dernier P-47 allié boire la tasse. Je poursuis bien un contact s'évadant sur une bonne vingtaine de km, mais je me ravise après l'avoir identifié : la chasse au Bf 109 n'est pas encore ouverte chez les bleus. Une honte. Evidemment, pendant ce temps-là les opérateurs radars du sud commencent à s'exciter diablement, et on redescend en quatrième vitesse pour leur éviter l'arrêt cardiaque. Et c'est là que j'ai repéré le filon. Un beau troupeau de A-20, bien groupés, l'air quasiment intact, de belles bêtes. Bon, pour l'instant c'est juste des points noirs dans le ciel, mais à force de tourner en rond au-dessus de la Grèce, je peux vous dire que le ciboulot tourne à plein régime.

Pis en plus, le radar les annonce cap au Nord, donc je suis pile poil face à face. L'affaire du siècle. J'en prévois au moins un, voire deux, sur la première frontale avant que la meute affamée ne rapplique. Encore que la meute arrive déjà : un cinquième point est en train de s'incruster dans le paysage, et rejoint les quatre premiers... Par contre l'a pas l'air fut' fut', le coco, là, se caler derrière un troupeau comme ça... ça va couper. Va te casser à limiter les pertes, tiens, si c'est pour confier des zincs à des zozos pareils ! Les traçantes rouges commencent à envahir le ciel... La vitesse de rapprochement étant quand même pas ridicule, je commence à arriver à portée, plus que 30 secondes... Il en met du temps à crever, le gars ? Tiens, un A-20 au tas, il en aura quand même fait un avant d'y... euh, deux avant d'y passer. Chanceux. Trois ?! Il a quoi, dans ses caisses de muns, ce type ? Du solide on dirait, parce que le quatrième vient de tomber, en l'espace d'une vingtaine de secondes...

"De Oizo, A-20 au tapis !"

Ah, oui. Me 410. Evidemment, ça a quelques arguments dans le genre persuasif, de calibre 50 mm. Déjà que les chars n'y résistent pas souvent, alors les A-20... A vous dégoûter de la chasse. Bon, ben tant pis alors. D'ailleurs, c'est la mission événement, pour les décapsuleurs : le Balto, qui avait passé une bonne partie de la mission à tenter, en vain, de se payer un de nos groupes de Tigre - et apporté du même coup la preuve de leur solidité -, a beaucoup à se faire pardonner et repart sur Neo Anchialos pour intercepter un énième bandit en approche. Le point noir grossit, il se place en dessous de la ligne de vol de la chose, en face à face... remonte au dernier moment... Boum Boum Boum, trois explosions, et un B-24 au tapis. Leur apprendra à vivre. On pense pas encore à enrôler des Me 410 dans la chasse, mais c'est tout juste.

Et arrive la fin de mission. En général, à l'intérêt assez limité : plus d'avions ennemis, qui sont soit posés soit cassés ; pas beaucoup de mou dans les troupes au sol, et straffer du Sherman a une utilité très limitée ; et pourtant, plein de carburant et de munitions, sans parler d'un appétit d'ogre, légèrement exacerbé par les aller-retours sur la carte et les casiers à munitions remplis. Et moi, que voulez-vous, dans ces moments-là, je cherche à me rendre utile. "Krasno, je vais faire un tour pour repérer les positions des alliés au sud de Corinthe". Passage bas sur la base, et on suit la route. Rien dans les environs immédiats ; la route passe une chaîne de collines, et de l'autre côté ça doit grouiller de DCA. Pas fou, je me remets sur la mer, à bonne distance, et continue à descendre. Histoire de bien vérifier que les rouges nous pondent pas un débarquement dans le dos. Quelques flocons noirs, j'ai la bienvenue de la tête de pont alliée n°1, à 5 km de là. Un zig, puis un zag... C'est pas méchant. Allez, je descends jusqu'à la li

Obus. Aile droite coupée. Ouvrir la verrière. "Krasno out". Se débrêler, pousser le manche... Ouvrir le pépin. "Mais quel c.. !".
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#39

Message par NNFFL=Clovis= » 02 avr. 2012, 20:12

Hé franchement je découvre cette section du forum...et je me poile bien! lol

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Krasno
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#40

Message par Krasno » 03 avr. 2012, 00:32

Tant mieux ! J'espère juste que j'arrive à me renouveler assez de campagne en campagne... Je suis en train de relire et corriger un peu une nouvelle fournée : direction le désert.
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#41

Message par Krasno » 03 avr. 2012, 23:16

Voici le récit de la première de Supercharge, campagne organisée par les PA il y a quelques temps. Comme toutes les campagnes PA, c'est une véritable "guerre en ligne" utilisant le système SEOW, un peu sur le même principe que la CF. Chaque unité dans la mission fait partie d'un wargame, et ses moindres mouvements sont programmés avant la mission, de chaque côté, par un Etat-Major. Les waypoints des tanks que vous voyez bouger en-dessous de vous ont été choisis par d'autres joueurs... Tout est modélisé, ou presque : ravitaillement (toutes les unités consomment, même à l'arrêt), parachutage, rayon de contrôle des unités de commandement... On passe un temps fou à programmer les missions, quand on est EM, surtout que, sur celle-ci, il y a deux cartes !

La première, c'est le théâtre des combats : El Alamein. Ici, aucune production d'unités. Toutes les unités, et tout le carburant, viennent d'une autre carte, Bay of Biscay, sur laquelle il n'y a pas d'unité combattante au sol, uniquement des centres logistiques et des convois de navires qu'il faut détruire pour assécher l'approvisionnement de l'ennemi. Le rythme est intensif, du coup : deux missions par semaine, une le mercredi et une le jeudi (on alterne chaque semaine les cartes)... Et il faut bien entendu programmer les deux cartes. Bref, du boulot :sweatdrop

Je pensais pas qu'il était possible de caser tant de zincs sur une seule piste. Moi qui aime pas attendre mon tour, je suis servi : en plus de l'habituelle masse d'avions de toutes sortes, allant du Hurricane récupéré dans une déchetterie et affublé de deux ouvre-boîte qui font pas spécialement dans la finesse, au Spit MkIX qui ne sort de son hangar ultra-sécurisé que pour aller dépiauter du Bf 109 au canon de 20, j'ai devant les yeux la totalité de la flotte de transport Alliée en Afrique du Nord. A savoir un quarteron de généreux appareils qu'on aurait dû mettre en retraite depuis longtemps. Le temps qu'ils prennent leurs valises, j'aurai fini d'infuser depuis belle lurette dans ce foutu aquarium... Et il est que six heures du mat !

Fort heureusement, la piste est relativement large... c'est peut-être parce qu'elle est fichtrement courte, d'ailleurs. Du coup, personne n'a eu l'idée classique de se viander dessus, et le décollage se fait comme dans un fauteuil. Un fauteuil posé dans une mare de carburant au beau milieu d'une serre ridiculement petite et auprès duquel on aurait placé un marteau-piqueur, certes.

Je récupère le reste des P-40E dernier modèle de la formation, nous prenons rapidement au passage les Hurricane ouvre-boîte que nous devons couvrir, et nous dirigeons bras-dessus, bras-dessous vers la cible du jour : une zone judicieusement située du côté ennemi du champ de mines passant devant El Alamein, juste devant le chemin prévu des démineurs. Pour pas qu'ils se fassent dézinguer, voyez ? Ca leur minerait le moral. Enfin, pas avant d'avoir dégagé le passage, quoi. La nav' est pas compliquée, suffit de suivre la côte et de s'arrêter quand on commence à manger de la Flak.

C'est pas pour tout de suite, d'ailleurs, on a encore facile 80 bornes à avaler, et faut aussi récupérer ces boulets de Spits en route, cela dit sans jalousie aucune. Pas seulement parce qu'ils seraient foutus de suivre la côte dans la mauvaise direction si on les laisse y aller tous seuls, mais aussi parce que leur moteur Merlin, il suce pas mal, donc vaut mieux retarder leur décollage au maximum si on veut durer. Alors que nous en P-40 on est les rois : on peut se trimballer à fond de train pendant toute la mission si nécessaire, tandis que pour les Spits, même à 70% de gaz, c'est limite. Certes, pour être totalement honnête, à fond de train on est probablement guère plus rapides qu'un Spit en régime éco. En plus, le Spit est plus maniable, monte mieux, et est mieux armé. Mais nous, on a plus de place dans le cockpit, et un logement pour des canettes de binouze. Ya des choix à faire, dans la vie.

Tout le monde est là, enfin presque : les cinq P-40, le sixième ayant pris le chemin des écoliers, les trois Spits, et les deux Hurris. C'est pas vraiment de la formation de compétition, ça se mélange, ça change de place, ça se perd de vue, il y en a un peu partout, mais le nombre, ça rassure. Les cibles sont plus trop loin, on descend petit à petit pour y voir quelque chose. On voit rien, donc on descend encore. Et encore. On a fait ça cinq minutes, et quand on s'est arrêtés de descendre faute de pelles ou de combis, on avait toujours rien vu. Là, les athlètes blonds, ils me sciaient. Pour des types bornés comme ça, laisser une ligne de front sans aucune défense à l'endroit de passage le plus logique, c'est quand même plutôt un coup original.

Du coup, après 30 minutes de mission, on avait plutôt bien rempli l'objectif "nettoyer la zone devant les démineurs", sans se fouler en plus. Yavait bien quelques croix noires sur la zone, mais les Spits géraient finalement assez bien, en râlant avec entrain sur leur infériorité numérique tout en rechignant à revenir vers nous. D'ailleurs on peut pas dire que les types en face aient vraiment eu les crocs : et vas-y que je m'amène à 2000 m au-dessus, oh le beau piqué, oh zut j'ai raté ma passe, bon et si je rentrais m'en mettre un derrière le gosier ? Z'auraient tous eu des balles à blanc que ça aurait pas changé le score. D'ailleurs Dudu en a rapidement eu marre : "Je me casse" qu'il a dit, et il a sauté.

Bref, comme c'était plié, on est allés traîner sur El Daba, histoire de zieuter les Dakotas, qu'on a chargé de larguer hommes et carburant sur la piste d'El Daba pour l'occuper, au cas où des 109 leur chercheraient des noises avant le largage. Pis si un de ces Tacots au tas s'était mis, ça aurait fait spectacle. Mais non. D'ailleurs, les mecs en face sont toujours aussi trouillards, eux en haut, nous en bas, et ça commence à bien faire tout ça : pas moyen de leur en coller une giclée dans l'arrière train. On est tous éparpillés comme des abrutis dans une zone de 20 km sur 20, et entre nous, les Spits, et les Kittyhawk de l'escorte des C-47 qui se radinent, c'est un joyeux bazar. Doit bien y avoir une demi-douzaine de chassous rosbeef se reniflant la queue faute de la moindre petite ombre de croix noire à portée. Au moins les Rambos enfournés dans leurs cercueils vaguement volants ont dû pouvoir sauter sans problème.

Bref, une mission tranquillou quoi. Les Tacots se rentrent, et leur escorte aussi après avoir quand même envoyé quelques 109 dans la poussière. Les Spits ont dû rentrer, faute de jus. Mais là, paf : deux contacts repérés, sur la mer. Tout le monde les voit, donc on s'y colle, et vlatypa que c'est des 109. On taïaute avec Armand et Claymore et Pity, et ça commence bien parce qu'Armand, il est derrière un type, mais zut c'est quoi le truc derrière lui qui arrive très vite, Armand je pense qu'il serait bon pour ta santé de te barrer, mais tu vas breaker oui, ça va passer, ça va passer, ouf c'est passé. Par contre le zig il en a de l'énergie, et il remonte sacrément, mais moi je peux peut-être le chopper quand même par contre je te dis pas l'angle de dépointage monstre, en plus il est de profil c'est pas pratique hein donc je vais faire ce que je peux mais n'attendez pas de miracles surtout que les 12,7 mm c'est quand même des foutues pétoires. Bon par contre yen a de la mun donc on va mettre le paquet et bien arroser tant qu'à faire, bratatatatata et puis tiens je t'en remets une pour la route, ben pas de miracle, ça sera pour la prochaine fois, on sort de la chandelle et un p'tit coup d'œil quand même sur l'autre ah dis donc il a mangé sévère sous le capot moteur, quand ça fume tout noir comme ça en général c'est cuit à point. Les 12,7 c'est peut-être des pétoires, mais un moteur de 109 c'est d'un fragile, pouvez pas vous imaginer.

Tiens, v'là un Macchi maintenant. Un avion sympa, lui, surtout quand on est en face. Un concept design italien, très joli, performant même. Z'ont seulement oublié de lui coller un vrai armement. Du coup, c'est juste assez rapide et manœuvrable pour faire un peu peur, mais assez peu armé pour enlever tout danger à la chose. L'adversaire idéal. Le seul truc bête, c'est que ses pétoires tirent rouge, pile comme tous nos zincs, et que ça ressemble vachement à un Hurri sous certains angles. Celui-là fait pas son malin parce qu'il est certes plus haut, mais aussi à un contre quatre. D'ailleurs ça manque pas, difficile avec seulement 1000 m d'avantage et deux pauvres lance-pierres ritals de tenir en respect quatre P-40, rien que de les garder tous en vue c'est déjà pas de la tarte. Du coup, j'ai pu monter un peu à l'écart tranquille, me caser à son altitude et le chopper en haut de sa ressource.

Seulement, l'était plus seul et les 109 commencent à rappliquer sévère. En vlà encore une paire, plus un Macchi de rab', va p'têt falloir penser à se rentrer doucement avant de voir arriver leurs potes. Pis alors quand deux de mes zigues se sont allègrement tamponnés en poursuivant le même lièvre, l'a fallu baisser un peu nos prétentions et jouer les filles de l'air. Pas que ça soit du gâteau, vu que les types en face ont en général peu tendance à vous laisser décaniller comme ça, mais ça donne des chances de survie, au moins. Au début tout allait bien, j'ai vu personne. Juste le bœuf bouilli à la menthe du midi qui avait une sérieuse envie de tapisser le cockpit, rapport aux zig-zags violents nécessaires à toute fuite ventre à terre digne de ce nom. D'autant plus qu'un P-40, ventre à terre ou pas, ça fait quand même pas mal du surplace. Pis le Macchi s'est ramené, pas trop aggressif, toujours au-dessus, me piquant dessus toutes les 30 secondes pour mettre une rafale dans l'eau. Le tout, là, c'est de pas se fiche à la flotte tout seul, vu que le jour où un Macchi mettra le feu à un P-40 contre sa volonté avec ses propres balles, il est pas encore arrivé.

Là où ça s'est compliqué, c'est quand le 109 a rappliqué. Si ya bien un zinc que je peux pas supporter derrière moi, c'est celui-là. Pas vraiment sur-maniable, pas plus que ma monture en tout cas, mais plutôt bien gréé niveau armement et capot moteur. Là, j'ai commencé à penser oraison funèbre et testament. Heureusement, celui-là a gardé ses fleurets mouchetés, et continue le petit jeu pour lequel on a dû le programmer quand il était petit : monter, piquer, tirer, monter, piquer, tirer. Faut juste tourner au bon moment, prier, et on risque pas grand chose tant qu'il est tout seul, à moins d'un tireur d'élite. Entre-temps le rital s'était fait la malle, probablement dégoûté, et la routine reprenait, zigs-zags, où il est je le vois plus, ah super ils m'ont perdu, regarde un dernier coup quand même, ah zut le revoilà, et si on tournait un peu, ah il remonte. Sauf qu'à un moment il est pas remonté : il s'est planté bêtement dans une colline.

Ont suivi une bonne vingtaine de minutes occupées à zigzager, à éviter un vautour tournant sur El Alamein et mitraillant nos troupes au sol, à regarder toutes les deux secondes derrière, à vérifier que la petite lumière rouge vous indiquant posément que le moteur va cafouiller sous peu restait muette, et à nettoyer les restes de sauce à la menthe dans le cockpit. J'ai même réussi à atterrir, si, si, même que les roues se sont posées deux fois de suite avant que le train ne rende l'âme et que mon zinc prenne littéralement l'expression "ventre à terre", un peu à contre-temps.

El-Daba est à notre pogne, et les désAxés sont des truffes, mais va falloir penser à réduire les pertes ou à faire chauffer les usines, sans quoi on va finir en slip sous peu !
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#42

Message par Krasno » 05 avr. 2012, 21:40

Voici la seconde mission. Les coups fourrés stratégiques commencent : on part embêter les Désaxés chez eux, en leur volatilisant leur pétrole sous le nez. Et en plus, on tombe sur un troupeau de camions bien juteux. Ca valait bien le coup de perdre les deux tiers des effectifs, non ?

Là, niveau encombrement de la piste, difficile de râler. Pas le moindre Tacot à l'horizon, ni même de Beaufighter ou de tout autre baleine apathique. Rien que du nerveux, du racé, et du Hurri. Ca a peut-être à voir avec la tronche que tiraient les EM quand ils ont reçu l'état des stocks d'essence... à la vitesse où le jus défile, on aurait meilleur marché de le répandre directement dans le désert : on aurait bien du mal à en gaspiller autant à la fois. C'est l'effet bimoteur : ça a beau avoir qu'un moteur de plus que la normale, ces bébêtes-là, ça vous engloutit une quantité d'or noir à la minute à en faire pâlir tout incendie de raffinerie bien constitué.

Du coup, l'EM s'est découvert une âme de militant écolo avant l'heure, avec un joly slogan : "à la diète, les soiffards, au fond du hangar". Et on ressort en pagaille l'animal le plus sobre que la Terre ait portée : le P-40, tellement sobre qu'y zyont pas fichu la moindre jauge de carburant... Juste une loupiote rouge t'annonçant poliment qu'à moins d'avoir une nourrice sur les genoux, ça va couper, et encore merci d'avoir choisi Curtiss pour votre vol. Fallait bien une pénurie générale de zincs : sans cette nécessité de faire parcourir à chaque foutu litre de pétrole des milliers de borne, les P-40, ils nourriraient des archéologues depuis un bail.

En effet, le P-40, c'est pas une flèche. Pas totalement à la ramasse non plus, juste moyen partout : armement - correct, vitesse - peut mieux faire, virage - a un certain potentiel, solidité - à réviser. Et là on parle du P-40E, le petit nouveau, hein, pas des vieux débris type Tomahawk II, déjà largement arthritiques quand ils ont commencé à se faire transformer en ressources naturelles par les nippons. Bref, le 40E on peut l'envoyer sans trop de problèmes de conscience sur du camion désarmé, mais contre du méchant en Bf 109, ça vaut pas un Spit Mk IX.

Et pour cause, ce bestiau-là, c'est un gagnant, premier partout : rapide, maniable, armement pas dégueu, doté de capacités de terrassage de positions ennemies à la bombe assez sympas, et plutôt solide avec ça. Un peu limite niveau autonomie, mais c'est à ça que les bidons externes servent, non ? Son gros défaut, c'est qu'il est devenu indispensable, et qu'à force d'en perdre 5 par mission, on va finir par se retrouver à sec. Du coup, on économise...

'fin bon, pour de la pénétration longue distance dans les lignes ennemies, ya rien de mieux que le P-40E, rapport à la conso ridicule et au fait que si on le perd, ben, c'est toujours moins grave que si c'était un Spit. Et nous, c'est bien à longue distance qu'on doit les pénétrer, les lignes ennemies : la cible du jour est une paire de citernes de carburant à Mersah Matruh... plus loin dans les lignes ennemies que ça, je vois pas. Si, yaurait bien Berlin, quoi. Et encore. Donc P-40E, avec tout de même une p'tite bombe de 500 livres à livrer à domicile.

On est peinards, à 6000 m, juste partis d'Amariya, longeant la côte. On a une trotte à faire donc on tire pas trop sur les moulins. La formation est bien carrée. On a consigne de zieuter en bas en chemin, des fois qu'on verrait pas un dépôt, vu qu'y paraît que les Ritals ont joué les écureuils et en ont semé un peu partout en plein désert, oubliant juste de les enterrer. Pour pas avoir d'histoires on a pris bien à l'intérieur des terres, et ça paye : nous voilà plein sud de notre cible, et on a pas vu un chat. Plus qu'à remonter et à leur mettre dans le nez ! D'ailleurs ça va pas tarder : après une nav sous les crêtes des dunes aux p'tits oignons, voilà la ville devant. Séparation, "les gars merdez pas hein", Vince et Pat prennent le gros tas de citernes à l'Est, moi le petit du milieu. On remonte on barrique et c'est parti pour un semi-piqué maison et un largage de précision... probablement sponsorisé par l'amicale des pêcheurs au trou de Marsah, au vu de la gerbe d'eau monstrueuse et totalement inoffensive pour les fameuses citernes qui s'élève derrière l'empennage de ma machine. Merdez pas, qu'y disait.

Heureusement, mes collègues, eux, ont les mirettes en face des trous... ils n'ont d'ailleurs laissé que ça derrière eux, des trous. On décanille plein sud. Et là, paf, vision paradisiaque dans le coin de l'œil : nan, pas un oasis. Un camion. D'essence ! Et tous ses potes avec. Des cibles comme ça faibles, vulnérables, et pourtant si juteuses, si je leur fait pas la peau, c'est le poteau. Pas radin pour un sou, j'indique le filon à mes acolytes, qui se précipitent avec un enthousiasme compréhensible. Je connais rien de mieux pour doucher un enthousiaste qu'une cataracte d'obus allemands de 20 mm au travers du moteur, et faut croire que les servants de Flak de la base voisine de Mersah Matruh s'y connaissent en psychologie... Pif, paf, ça me les a calmé les deux. Au tas. A dégager ! Je vais me prendre un savon, moi... On a vraiment bien fait de pas prendre de Spits.

Mon côté légèrement borné entre en jeu : ça serait bête de se carapater maintenant, hein ? Pas une croix noire dans le ciel, en plus. Pis la Flak s'est calmée, deux ça doit être le quota, sont repartis jouer aux cartes. Il en reste bien un fond, mais gentillette, sans un obus plus haut que l'autre. J'arrose consciencieusement les camions du voisinage à la 12,7. Tout aussi consciencieux, ils explosent poliment les uns après les autres, après avoir ingurgité une quantité conventionnelle de balles. Du gâteau. Seulement flak ou pas, casser du camion, c'est pas vendeur sur les poster mais c'est quand même un truc à se viander si on fait pas gaffe ou si on est gourmand. Donc je mets les voiles après quatre ou cinq passes, tout en collant quand même une rafale à un pauvre Half Track que je croise, et à la revoyure.

Le retour, comment dire... ben, comme l'aller, quoi, mais tout seul. Du désert. 200 km de désert. Rien, vide. Content de pas être à pinces. Pis pour se retrouver la maison, bonjour. Heureusement qu'ils les ont toutes collées à la plage, les bases !
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Message par Krasno » 21 avr. 2012, 13:12

Troisième mission. Changement de théâtre... Les deux premiers rapports décrivaient des missions jouées sur El Alamein. Là, c'est Bay of Biscay : carte immense, attaques stratégiques de zones de production, de convois. Ici, attaque de Cherbourg, avec raid à moyenne-haute altitude (7000 m) de quatre Halifax, escortés par autant de Spits Vc... Parce que les Spits IX, on en a pas des masses. La difficulté de la chose, c'est que les bleus ont sûrement un radar sur la zone.

Une petite explication à propos du radar SEOW : il est très différent, et je trouve bien mieux géré, que le "radar" UP. Des objets "radar" (certains navires, ou bâtiment avec antenne") sont placés sur la carte, chacun ayant un rayon de quelques dizaines de km (en général, 30 pour les courte portée, 80 pour les longue portée). On ne peut voir aucun contact ennemi depuis le jeu : il faut aller sur le site de la campagne, qui dispose d'une page "écran radar", qui affiche la carte du jeu, et des petits carrés (les plots) partout. Les positions sont rafraîchies à un intervalle réglable (en général dix ou vingt secondes), et il y a une "trace" : chaque avion a un écho "actuel", et trois échos "persistants" qu'il traîne derrière lui. Autant dire que le radar peut servir à guider un appareil vers un bandit, mais qu'une fois qu'ils sont à moins de 10-20 km l'un de l'autre, l'opérateur ne peut plus vraiment aider.

Place au rapport !

J'ai rarement tant bossé pour une nav'. C'est pas tant de piloter un Spit Vc, ou de croiser à 7500 m. C'est plutôt la faute à ces fichus Halifax qui tenaient absolument à être escortés au-dessus de Cherbourg, la cible la plus dangereuse de la côte. Les lâches. Leur principale chance de survie consistant à voler aussi haut qu'humainement possible, c'est à dire bien trop haut pour que nos zincs anémiques puissent espérer faire autre chose que de lignedroiter, on a décidé de la jouer findo... euh, finauds.

Les autres étant pas mal gréés niveau radars, c'est déjà râpé pour la surprise. Mais si on s'amène la bouche en coeur et en lignedroitant, 4 ou 5 minutes avant les bombardiers, ya des chances pour qu'ils nous prennent pour eux, pas vrai ? Des bombardiers sans escorte. Des malades. Des cibles idéales. Si ça se trouve, des Halifax en plus. Banzai, qu'y vont se dire, les gusses, en allemand bien sûr. On va même s'arranger pour condenser des traînées dans notre sillage, histoire qu'ils nous ratent pas. C'est qu'ils sont un peu lents à la détente, les pôvres...

Le temps qu'ils montent, et qu'ils captent qu'ils ont pris la proie pour l'ombre, l'ombre elle va leur rentrer dans la tronche et ça va leur faire tout bizarre. Avec un plan béton comme ça, si on veut bien oublier que les types d'en face sont pas tous des demeurés, c'est largage garanti des Halifax. Sur la cible, on espère. Et ensuite, on verra, hein. Enfin, si ya un ensuite pour nous. Quand on est assez piqué pour jouer les chèvres, même si on y est pas, au piquet, faut quand même s'attendre à se faire épingler. Comme plan, ya plus plan-plan.

Comme d'hab', l'ennemi se garde bien de coopérer. Pas qu'il soit plus intelligent que prévu, faut dire que le risque était réduit à ce niveau-là. Mais parce que, d'ennemi, point, c'est bien ça qui rend difficile le travail en bonne intelligence. Pas le moindre saumon d'aile carré, pas un soupçon de verrière anguleuse, ni l'ombre d'une croix noire. C'est un jour spécial. La preuve, même les Halifax arrivent à caser leurs bombes sur les usines. Du jamais vu. Ils vont peut-être même réussir à atterrir, s'il faut. Plus ça avance, plus j'ai la trouille : il va nous tomber un truc dessus, et du sévère, pas possible qu'on s'en sorte comme ça.

Pourtant, pour l'instant on se rentre tranquilles. Un peu de zig, puis de zag, pour esquiver des contacts ennemis redescendant sur nous un peu tard depuis la côte anglaise, et nous voilà hors d'atteinte. Et, du même coup, jetés au beau milieu d'un combat maousse, étalé sur bien 200 km². Pas de problème, on esquive encore, on lâche les Halifax une fois passé le danger et on s'y jette, dans le combat maousse.

Maousse, c't'un grand mot en fait. Au radar, ça fiche des nœuds dans l'estomac, bicose chaque contact laisse une traînée derrière lui, et que ça te remplit l'écran d'une sorte de bouillie radioactive peu ragoûtante, mais en fait, ya pas de quoi s'exciter. C'est juste une demi-douzaine de Junkers 88 traînant des paires de Spit aux basques. L'excuse classique : on a vu de la lumière, on est entrés, on veut de mal à personne. Avec 2 tonnes de bombes sous les ailes, c'est peu crédible.

Faut pas croire, d'ailleurs, c'est pas parce que le Junkers 88 est un bimoteur de bombardement qu'il a aucune chance. C'est plutôt une saleté, d'ailleurs, rapport à l'arsenal du gus à l'arrière. Ces bestiaux-là, ça se traite avec des pincettes, piqué, prise de vitesse à en arracher le Pitot, une rafale par en haut, on remonte en gardant les ailes bien attachées, et on recommence. Sans ça, ça fait du clafouti de pruneaux dans le cockpit.

Bref, on les presse, les Ju, mais ya pas grand chose qui en sort. J'en trouve quand même un, un lâche qui se barre au ras de l'eau au cap sud. L'a de l'avance, le chameau, mais en léger piqué je me le rattrape quand même, et il va déguster je vous le dit. Quoique non en fait : la lâcheté n'ayant pas de limite il s'est écrasé dans l'eau plutôt que d'accepter une saine explication à propos de sa tentative de transformer nos pétroliers en marée noire.

Sur ce, on s'est quand même pas mal dispersés, et je me retrouve seul avec Vic et Roll, qui entreprennent un autre vandale un peu plus loin. Sauf que les bleus aussi, ils ont des chasseurs, et que chanceux comme ils sont, Vic et Roll c'est pour leur poire. Vic prend pour tout le monde, reste Roll, et moi qui me suis ramené pour filer un coup de main. Heureusement, ya que deux pingouins, mais Roll avec son moteur agonisant est pas vraiment Tiger, il a même un gros fil à la Pat.

Passer de la chasse innocente au Ju 88 à haute altitude, avec tout plein de grandes gueules en fréquence, au combat à mort au ras de la flotte avec deux 109 bien en forme, ça vous fait tout bizarre.

La partition est classique : les bleus disciplinés en passes rapides et plus ou moins tranchantes, Roll qui évite les attaques et leur en colle une ou deux au passage, et bibi incognito au début qui tourne, tourne, et essaie de chopper les 109 en haut de leurs chandelles. Un sport dangereux, les chandelles, idéal pour redescendre en morceaux. Faut toujours avoir le second à l'œil quand t'en poivres un, et j'ai pas signé pour caméléon, moi. Enfin, entre Roll qui compense ses tours/min défaillants par sa bouteille, Hispano qui gère vraiment niveau balistique, les teutons qui arrosent dans le vide, mon œil intérieur qui a migré dans mon dos et Supermarine qui s'est pas foutu de la RAF, on s'en sort vaguement.

Le premier 109 tombe parce qu'il a pas compris que les chandelles, avec un Spitoku, c'est pas remboursé par la sécu ; quand au second, il a mangé un peu et a pas l'air dans son assiette. Moi, sympa, j'essaie de voir ce qui va pas, mais l'autre ne joue plus, il rentre pépère, une ligne droite à faire pâlir un géomètre, et pas rapide avec ça. Trop facile comme cible, sauf que j'éparpille tout à côté, et suis bien content de lui fausser compagnie sans retour de bâton.

Pis après, comme dans un fauteuil : cap nord-est, au ras de l'eau, régime éco. Terre. Portsmouth. Base. Finale. Posé. Vivant !
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Message par Krasno » 29 avr. 2012, 19:43

Quatrième mission, toujours sur Bay of Biscay. Comme le raid de la troisième mission a pas trop mal marché, mais qu'il reste deux trois trucs à péter à Cherbourg, on remet ça. Avec du B-17 ce coup-ci. Et on rempile pour l'escorte, vu qu'on connaît la route...

- De Pat, deux contacts, trois heures, bas.
- No Joy !

No joy, ça veut dire que je les vois pas, ses trois contacts. Pas faute d'avoir zieuté. A trois heures, sur ma droite. Et pis à neuf heures, aussi, sur ma gauche, vu que je suis mal latéralisé. Je sais pas si je suis aveugle, mais après chaque vol avec ce type, je cours acheter une canne blanche. J'en ai toute une collection, du coup, ça servira sûrement un jour.

Un des problèmes de Pat, c'est qu'il ne se contente pas de voir les contacts à 30 km de distance. Il est aussi attiré par eux. C'est même pas conscient, il est un peu en transe dans ces cas-là : il n'écoute plus trop ce qui se passe à la radio, et il peut parfois se réveiller à des dizaines de km de la formation si on le suit pas. Vu qu'on est déjà pas spécialement serrés, je suis le mouvement : Pat, c'est mes yeux, et j'y tiens comme à leur prunelle.

Pas facile, hein, d'escorter trois B-17 sur Cherbourg et retour. Surtout qu'on est pus qu'une paire, l'autre nous a faussé compagnie sur panne technique et pylône au décollage. Remarque, ça tombe bien, reste plus que deux B-17 aussi, depuis ce 109 qui nous a carambolé avec entrain le troisième. Le pare-choc, c'est l'arme des mauvais tireurs. Ah, ya pas que des lumières dans le ciel ! Et je vous parle pas du second (ça vient toujours en escadrille, comme les emmerdes), une vraie teigne, m'a morpionné dans un piqué à 550 à l'heure jusqu'à l'étage des fruits de mer. J'ai failli en arracher mes ailes, rapport aux 90 gallons de carburant que je me traîne sous le bide, il voulait pas me lâcher les roupettes le bougre. L'a fallut que Pat l'entreprenne pour qu'il se décide à me lâcher et à mourir poliment.

Evidemment, après ça on s'est retrouvés radada à 5 bornes derrière les gros tas qui attendent pas, eux, hein, ils tracent, et à 6000 m en plus ! Je te dis pas comme on a bavé comme des escargots, à peu près à la même vitesse d'ailleurs, pour rattraper les gus, tout en montant, tout en économisant le jus vu que Pat avait jeté son bidon. D'ailleurs on les a pas vraiment rattrapés, ils ont tapé la cible 10 km devant nous. Pas d'opposition évidemment, les types en face sont trop feignasses pour se monter si haut. Bref, ils reviennent à la maison, et on les récupère sur la route.

Là, techniquement, l'escorte, on en a plus grand chose à faire : la cible a été tapée, mission accomplie, chacun pour soi. Mais bon, si on se rentre tout de suite, hein, on va se faire taper sur les doigts. Donc faudrait délayer, mais comment ?

- En allant protéger nos bateaux, là en-dessous ?

Mais qui a proposé cette idée débile ? C'est toi, Maurice ? Qui d'autre, remarque. Non Maurice, on peut pas faire ça. Pourquoi Maurice ? Parce que les derniers qui sont allés chapeauter les barcasses, c'était deux Typhies qui rentraient d'avoir coulé du bateau ennemi, tu sais, John et Joe. Y s'ennuyaient un brin, donc moi je leur dis de se trouver un bateau les gars, pis de tourner autour, commac si les aut' se radinent c'est vous qui prenez chaud, pas le bateau, et on sauve un chargement. Devine quoi Maurice ? Les aut's se sont radinés, ça c'est sûr. Mais ils sont pas bêtes, les aut's. Ils se sont dit pourquoi choisir ? A cinq contre deux, le beurre et l'argent du beurre, c'est possible. Et ils ont raflé la mise. Plus de Tiffies. Plus de bateau. Plus de crémière.

Bref, couvrir les bateaux, c'est dan-ge-reux. Pas bien. Bouh ! Pas glop. Vaut mieux couvrir les B-17, ça avance un peu plus vite, ça navigue un peu plus haut, et c'est surtout pas une cible privilégiée. Bref, c'est moins risqué. Faut juste enrober l'instinct de conservation avec une bonne couche de devoir et d'abnégation :

- Bon les B-17, on va vous ramener à la maison, hein, des fois qu'y ait des 109 qui traînent près de chez nous, on voudrait pas que vous passiez à la casserole.

Beau prétexte. Des 109 qui traînent... C'te blague ! Les gus partent tous avec une bombe, ils ont une autonomie ridicule, et ils seraient encore là une heure trente après le décollage ? M'enfin rigolez pas, on enrobe comme on peut.

- Trois contacts, 9 heures, proches !

Tiens, j'les avais pas vu ceux-là. Seraient-ce ? Oui, ce sont. Des 109. Qui traînent pas, d'ailleurs. Trois. Vindicatifs. Plus hauts. On va mourir.

- Les B-17, je vous conseille de partir en léger piqué jusqu'à la base, à pleine vitesse.

Traduction : barrez-vous loin avant qu'ils nous aient eu et qu'ils vous refassent l'aérodynamique. Virage gauche 90 degrés, largage du bidon, régime maximal, pression d'admission maximale. Au diable l'avarice. "Je prends l'isolé à gauche !". Je prends... Un bien grand mot. Le furieux m'arrive droit dessus avec plus de vitesse et d'au dessus, je fais pas le malin et me contente d'éviter la passe frontale, ça sera déjà bien.

L'idée, dans ce genre... Nan, on reprend. La seule chance, dans ce genre de combat à deux contre trois, c'est de s'en farcir un, et fissa. T'as beau être dans un truc plus virevoltant qu'une chauve-souris sous ectasy, tu peux pas regarder partout tout le temps, et à un moment ça coupe. En général au moment où t'essaies précisément de t'en farcir un, d'ailleurs.

Là, on part déjà en dessous, donc ça commence mal, parce que eux, la première chose qu'ils font, c'est monter, évidemment. Moi, si je monte, ma vitesse descend, et sans vitesse je peux pas utiliser les super-pouvoirs de mon überplane. C'est bien le problème d'être en bas. Mais bon, pas le choix, surtout qu'apparemment j'en ai deux sur le râble.

Ils attaquent pas au corps à corps mais lâchement, une passe rapide et on remonte. En revoilà un... Virage en descente, on serre les fesses et ça passe. A l'autre ! A l'autre ? Il est où l'autre Pat ? Je le vois plus l'autre Pat, il est peut-être sur toi l'autre ! Ah, revoilà le premier, un bon gros virage, et le voilà qui remonte avec beeeeeaaaaucoup de vitesse. Bon, mais l'autre alors ? Je cherche, je cherche, mais pas d'autre. Et à force de chercher Tic, j'en ai perdu Tac... atacatacatacata ! Voilà Tac. Heureusement, Tac ne sait pas viser. Virage (moi). Remontée (lui). Et on cherche l'autre.

Bon, Tic, je l'ai définitivement pommé. Oui, ça aide de leur donner des noms ridicules. On pourrait même les utiliser en radio. Ca gagnerait en efficacité, plutôt que de dire "je prends le plus en haut", "Pat sur celui qui tire", et ça donnerait des dialogues sympas :

- De Krasno, j'ai Conneau !
- Tu déconnes ? C'est le mien Conneau, je suis dessus depuis tout à l'heure !
- Pat engagé par Prof !
- Fayot !
- Bon ben je me rabats sur Fès !
- T'Agadir.
- Settatoi.
- Oui'j'da !
- Fayot ? No joy sur Fayot, c'est lequel Fayot ?
- Rendors-toi Maurice. Je me prends Blanche Neige !

Sympas, et de bon goût en plus. Bref. Tic a disparu. Mais Tac aussi, et là c'est bizarre. Louche, même. J'y crois moyen. Trop beau, ça serait. Tac est là, quelque part, et il m'a dans son collimateur, c'est garanti. Quand tu vois plus rien, le pire truc à faire, c'est tourner. Un truc à se remettre devant ses canons, des fois que tu l'aies distancé. Nan, le truc à faire, c'est se faire la malle. Tout droit. Léger piqué. En regardant derrière. Là, l'autre, s'il est dans le coin, tu vas vite le retrouver : dans tes six heures.

Et ça manque pas : revoilà Tac. Tac en a marre. Compréhensible : il s'est forcé pendant 2 minutes à être prudent, et au bout d'un moment, ça va bien. Ces bleus sont de grands gamins. Du coup, cette fois-ci, quand je tourne, il suit, le p'tit gourmand ! Et tire. Et ça passe pas. Moi, pas contrariant pour un sou, je gigote. Lui, poli, il remonte. Seulement, moi aussi j'en ai marre. Donc, moi aussi je suis. Je renoue auparavant des contacts enterrés depuis bien longtemps avec tout ce qui se compte d'êtres supérieurs dans l'imaginaire de l'humanité. Si Tic est ici, rôti je suis. En attendant, moi, pépère, je profite de l'überplanité bien connue du Spitfire pour remonter Tac et lui coller une bordée de 20 mm, qu'il encaisse en partie. Tic n'est pas là, et pour cause : il vient de transformer le moteur de Pat en charpie.

- Mais Pat t'es où, didjiou ?
- Au ras de l'eau, coco ! Il faut piquer, du nez.

Apparemment Tac est dégoûté, il a pris un cap vers la France. Bon, le truc, c'est que repérer un pote 5000 m en-dessous, et qui vit sa propre vie depuis 50 bonnes... secondes, c'est pas de la tarte. Pis niveau points de repères, à part les bancs de thon, ya pas bézef. Bonne poire, je descend quand même : s'il se fait avoir j'aurai l'air malin, sans mes yeux, la prochaine fois. Heureusement, on est des bons, je tombe tout de suite dessus après quelques heures de recherche, je le chouchoute jusqu'à la base, et en plus il a la bonne idée de pas se vomir sur la piste. Vivant !
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Message par Krasno » 15 mai 2012, 21:48

Encore la mission 4, mais ce coup-ci, sur El Alamein (la même semaine, donc). Une reco a trouvé plein de chars ennemis à l'autre bout de la carte. L'EM, pas créatif pour un sou, nous envoie les péter. Et c'est pour quoi le vol en poubelle volante ? C'est pour bibi !

J'aurais su que j'allais me retrouver dans cette antiquité, j'aurais jamais traité le Hurricane MkIId d'épave. C'est mauvais pour le moral. Et m'y voilà. Pas eu le choix : c'était ça ou un Halifax, et le Halifax, je peux pas. Pas qu'il est moche, et Dieu sait qu'il l'est, à tel point que l'on murmure qu'Il a hésité à étouffer dans l'oeuf le développement de cette verrue ; mais moi, plus de 2 moteurs, je peux pas, c't'une question de câblage. Pis bon, se balader en plein milieu du désert en mission de reco photo, et jouer pendant deux heures à 6000 m au pachyderme dans le corridor, tout ça pour ramener des gros plans de dunes... J'ai eu des cauchemards moins repoussants.

Seulement, j'ai beau savoir comment à quoi j'ai échappé, ça fait pas vraiment passer la pilule. Halifax ou pas, cette mission elle sent bon le sapin. Pénétration en profondeur dans les lignes ennemies, en basse altitude, à bord d'un truc qui dépasse pas les 350 km/h, qui a un armement inutilisable en air/air, et que les Boches apprécient en flambé... Tout pour plaire. Bon, on a une escorte. Quatre Spits, du MkIX, la crème. Plus quatre Beaufighter, qui sont là pour taper dans le tas au 20 mm, dont ils disposent en abondance. Pis aussi servir de cible à la DCA, on sait jamais.

Pour l'instant, ils serviraient plutôt à encombrer la fréquence :
-"Pouvez pas passer la seconde, les gars ?"
-"Dis, Krasno, tu l'allumes ton moteur ?"
-"Hurris aren't in a hurry, apparently"

Y font pas trop les marioles quand même, parce qu'ils ont beau être rapides, si ya du 109 qui se ramène, c'est pour leur poire. Nous, on a quand même des chances de survie. Minces, mais quand même, ça compte. Même avec deux énormes ancres de 40 mm sous les ailes, le Hurri, à la base, c'est un chasseur, et ça peut tourner assez serré pour espérer faire la nique aux 109. Le temps que la cavalerie arrive, quoi. Voire en découper un, qui sait ? Oui, oui, Coué est aussi un pote à moi.

En régime éco vu qu'on a 180 bornes à avaler, on commence à passer les lignes. D'ailleurs, v'là les porte-flingues des autorités locales. Quatre 109 gominés, sur lesquels se jette notre escorte. Ca sera la dernière fois qu'on la verra, l'escorte. Nous, tranquilles, on continue, et paf, v'là la cible, une vraie caverne d'Ali. J'en reste baba. Jamais vu autant de chars que ça. Et pas que du char : t'en veux de la DCA ? En voilà ! Offert en supplément, six citernes de carburant, au prix actuel je te dis pas le cadeau, pis tiens t'as l'air gentil alors j'te rajoute du camion. Les Beaufs étaient fous, on les arrêtait plus. Nous, on s'est mis à taper dans le sérieux, l'automoteur. A part ça, que du Fiat 32, et ça on le laisse à nos chars, y se débrouilleront très bien tous seuls.

Faut dire ce qui est : le Hurridedé, c'est une Rolls en anti-char. Le type qui, après tous les conseils, se viande sur ce zinc, il est bouché. Tu voles vers l'innocent tas de ferraille, tu mets le centre du viseur dessus, tu t'approches, tu tires, pif, le char pète, paf, pis tu remonte. Et rebelote. Vachement plus facile de se payer du char que d'atterrir correctement, j'peux te le dire. Donc le tableau, hein, simple : tout plein de chars, tout plein d'avion, pis de moins en moins de chars. Et de moins en moins d'avions, vu que la DCA s'est quand même farci un Beau avant de trépasser. Sans compter les Spits qu'on entend passer au hachoir à l'autre bout de la radio. Pis après 10 minutes, plus d'obus, rien. La dèche. Ya bien deux 7,7 mm en supplément, mais bon je vais péter quoi, deux, trois camions ? Vaut pas le coup, je me fais la malle tant que j'ai mes deux ailes et mon moteur.

Régime superéco, je monte un peu et je me rentre. Tiens, là, un machin qu'on avait raté, un beau camion. Un p'tit déhanchage des ailes pour identifier, ouais c'est p'têt intéressant, je vais en toucher un mot aux autr'. Plonk. Brot brot brot. Didjiou. Didjiou. DIDJIOU !! Quel abruti ! Nan, ça c'est pas le mot que je voulais toucher. Ca, ce sont les onomatopées décrivant le mieux la succession d'événements déclenchée par mon passage au-dessus de l'impertinent, à savoir la rencontre entre un obus de 20 mm en provenance des aciéries Hambougresses et le capotage de mon moteur Merlin, la protestation véhémente dudit moteur, un premier mouvement de panique bien compréhensible amplifié par la suite par la généreuse et grasse fumée noire émergeant du capot suscité, et un premier pas vers une autocritique raisonnée.

Je vous refais le dessin : 180 bornes de la base, 90 de la ligne de front, moteur agonisant, le seul que j'ai en plus, des types légitimement revanchards en bas. M'éjecter, pas vraiment une option à 100 m du sol. Là, le moral, il est uppercuté sévère. Pas grand chose à faire, mais je le fais : pas d'hélice 50, gaz 50, et on quitte pas des yeux les tours/min du ventilo devant. Pis on prie très fort (pas à la radio). On mouille aussi un peu le pantalon, pour alléger le tout. Certains ouvrent la verrière et agitent les bras, mais c'est en général superflu. En tout cas, pour l'instant ça tient : 2400 tr/min, 180 km/h, 200 m sol, vario nul. Allez, pas 40 / gaz 40. Je me cale dans la dépression de Qattara, toute indiquée dans ma situation. Du coup, j'ai plus qu'à attendre de repérer notre dépôt, dans 80 bornes, ou 25 minutes. Ou cinquante Ave Maria. Je me calerais bien sur les rotules, mais là j'évite quand même.

A croire que ça marche : en 40 bornes, pas vu un chat. Ni un 109, ce qui est sacrément plus important. Le moteur tourne comme une horloge de pompier. Oui, il fume aussi. Les dunes passent. Le temps, aussi. Déjà qu'à vitesse de croisière c'est pas rapide, alors limite décrochage je vous dis pas. Pis les "copains" sont en train de me bourrer le mou à la radio avec des bestioles plus horribles les unes que les autres, et toutes disponibles en quantités astronomiques dans cette région du désert. Ya la loutre cannibale, la taupe violeuse, l'impression fugace, la fouine aguicheuse, et tout plein d'autres trucs. Pour le coup, ça me tue ma peur congénitale des scorpions. Enfin, vlà enfin le dépôt, on va voir c'qui s'passe dans le coin avant de se vacher, des fois que.

Des fois que quoi ? Ben je sais pas moi, des fois que le dépôt soit carbonisé et qu'un groupe de 4 Panzer III soit en train de s'en approcher à tombeaux ouverts, par exemple ? Nooooon ? Siiii. Dommage que je sois à sec, tiens. Bon c'est pas tout ça, je préfère encore les taupes aux frisés. Cap est, direction le désert, enfin, la partie sans panzer. La barre est haute, mais mon Merlin a l'air de faire des miracles. Niveau binine ça le fait, je consomme quasiment rien. Ya probablement même de quoi se traîner à El Alamein.

Pari gagné : après 80 km supplémentaires, plus détours, la base ! Moteur réduit, pas droit à une seconde chance vu que je tiens tout juste en l'air. Finale lisse. Trains, volets, seuil de piste, trop rapide, je coupe, trop lent, je rebondis, le train reste en place. J'ouvre la verrière, descends. Remercie pêle-mêle Rolls-Royce, Hawker et Hawk, Merlin et Maria, la RAF, les WAAF, Hawk à la nav, Armand à la flak, Findo au son / lumière, Dingo aux Fiat et Guy au Lux.
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Message par Krasno » 28 mai 2012, 13:27

On passe maintenant à la mission 5, sur Bay of Biscay. Nous sommes en défense devant les côtes anglaises, objectif : protéger le navire radar. C'est le pivot de notre défense : la côte est trop grande pour repérer les bandits à vue, et nous ne disposons, au sol, que de radars de portée relativement faible, 30 km. Autant dire que quand on commence à voir le contact, faut sacrément anticiper pour le chopper s'il se débrouille bien. Alors que notre navire radar, c'est du 80 bornes de portée, et on peut le bouger à volonté. Seulement, un navire, ça se coule... Et ce navire est dans une situation délicate : nous sommes en train de lui faire abandonner sa mission de défense côtière pour l'intégrer à nos convois de navires, qui semblent être la cible privilégiée des bleus. Pour cela, il faut lui faire traverser la carte d'Est en Ouest, et passer sous le nez des bleus.

Sans compter un petit souci lors de cette mission : les radars, tous, sont hors service... Et les 190 en profitent largement. Les lâches.

Paf, une gerbe de balles me double par la droite, démontrant un certain respect des traditions locales. J'éclate mon manche sur le tableau de bord. Ca ne suffit pas : mon aile droite décide que ça commence à bien faire, et se met en rupture de ban avec mon fuselage. Tout le monde n'est pas Buck Danny : moi, quand les ailes commencent à parler divorce, je me barre. Mon cockpit prend des allures de manège forain : ça tourne, ça crie. Et ça tourne, surtout. Harnais. Verrière. Le vent, terrifié, hurle. Moi aussi : je n'aime pas l'eau froide.

Puis, le calme. La corolle blanchâtre parfaitement déployée au-dessus de ma tête, je n'ai plus qu'une chose à faire : regarder. Le tableau vaut le déplacement. En face, un énorme navire surmonté d'une antenne : notre radar mobile. Il tire de tous ses orifices sur quatre petits points, sur la droite. Le premier virevolte, évite une gerbe bleue. Il vient de gagner 10 secondes. Une seconde passe le manque. C'est l'hallali. Il manœuvre, réussissant à entraîner un de ses agresseurs dans une paire de ciseaux bien menés. Mord une dernière fois, en vain. Reprend de la vitesse. Évite une dernière rafale. Et se jette dans la suivante... Le dernier des quatre Hawker Typhoon chargés de protéger le radar mobile des attaques adverses vient de succomber.

Pourtant, à la base, la défense était belle à voir : 16 zincs. Pour couvrir 200 bornes de côte, certes. Mais d'habitude on tourne à 10-12... C'est presque Noel, quoi. C'est pas 16 Spits IX non plus hein, ya quelques déchets, mais quand même. Cette fois-ci, les aut's, y zallaient voir ce qu'y zallaient voir. Enfin, ça, c'était avant qu'on s'aperçoive que Marcel avait encore oublié de payer la facture EDF et que les radars étaient out. Tous. On est pas aidés...

150 bornes aller. On est en train de prendre des zincs chez Paul pour couvrir Pierre, notre navire radar. Probablement la cible numéro 1 chez les Fritz. Comme d'hab', mission de CAP, Combat Air Patrol, trois mots pour un concept relativement simple : empêcher les méchants de bombarder nos navires, nos usines, nos trains, et par-dessus tout nos brasseries et nos moutons. C'est à dire que généralement, à quatre appareils, on est chargés de repousser une moyenne de 4 bombardiers et quatre chasseurs. Pis là, sans radar, la CAP elle est toute trouée. Avec le recul, là, c'était déjà mal barré.

Bon, mine de rien, le Typhoon, ça avance pas trop mal, en moins de 30 minutes on a effacé les 150 km entre notre base et le porte-avions, tout en montant à 4000 m, s'il vous plaît. Là, Pat s'offre un type en 190 qui nous provoque en se baladant, seul, en ligne droite, à 3000 m. Z'ont de ces manières, ces gens-là, incroyable. Même pas un p'tit virage, même pas une frontale, rien. Comme si on existait pas. Un truc à vous faire bouillir un British. On commençait à reprendre espoir : si les gus jouent leur partition comme ça, c'est pas des tomates pourries qu'ils vont recevoir en travers de la poire, c'est un mur d'eau qu'on appelle la Manche.

Et puis, en l'espace d'environ 5 minutes, l'espoir changea de camp, les fusils d'épaule, les parieurs de canasson, et le combat d'âne. D'âme. Premier acte : notre quatrième, un contemplatif qui s'est ressourcé un peu fort après un piqué et qu'a pommé une aile dans le processus. Ce piqué, à force de se ressourcer, il avait plus les pieds sur terre, mais il est vite retombé hein, six pieds dessous qu'il est maintenant (condoléances, pardon aux familles, toussa). C'est là que les Focke se sont ramenés en tas, deuxième acte. Y zont commencé par nous éliminer Pat, avec le scénario classique : passe rapide du Focke, ailier attentif qui le repère, breakbreakbreak, quoibreakpourquoibreak, bratatatatadingdingschriousssshhhhcracaaaaaaaahplouf.

A ce stade de l'explication, je pense qu'il faut faire un point sur les protagonistes de l'histoire. A ma gauche, le Typhoon, Hawker Typhoon. Pas totalement foireux, comme zinc. Bon, je schématise, hein, mais en gros, y zont pris un Hurri, lui ont viré le vibreur, et y zen ont collé un deux fois plus gros à la place. Avec un radiateur maousse. Et quatre canons de 20 qui dépassent bien. Ca a un Cx de Berlier, mais ça trace plutôt, moteur à fond. Certes, moteur à fond, tu te retrouves en slip à la baille en moins de deux, rapport à la surchauffe. Mais c'est pour te dire.

A ma droite, le Fw 190, ou Focke, c'est du poids plume, du riquiqui. Je sais pas comment y font rentrer les pilotes dedans, mais ça doit en consommer de la vaseline. Comme d'hab y se sont pas cassés sur les ailes : Horst j'ai deux rectangles, je te les plante par là ? Ouais là c'est bon, Hans. Bon, le truc moins drôle à propos des ailes c'est les 4 fois 20 mm qui y logent. Z'ont beau pas tirer droit, quand tu les prends dans la tronche difficile de critiquer. Un 109, ça en a un, plus deux pétoires pour faire joli, donc t'as un p'tit préavis avant de mourir. Mais ce truc, horrible : tu vois les traçantes, t'es déjà mort. C'est p'tit, tout p'tit, mais alors une de ces pêches ! Le genre roquet, quoi. Pis agile à haute vitesse, surtout aux ailerons ! Une vraie saleté. Bon, avec ses ailes ridicules, c'est vrai qu'y la ramènent pas trop niveau tournicotage basse vitesse. T'essaies de faire autre chose que de la ligne droite à basse vitesse, et paf, ça te sort le frein à main, et en deux deux t'es en mode feuille morte.

Fock'vous dise, on a quand même un p'tit plus : la barcasse, qu'est plutôt chargée en canons de tous calibres. C'est du maousse, tu vois, c'est pour ça qu'on doit la protéger d'ailleurs. Mais bon, on est largement en-dessous d'eux, on est deux, et y sont quatre. Ca aide pas, hein. Nous, pas gourmands, on voulait juste survivre. Ya un truc super pour ça, c'est le cercle défensif. Tu te cales en virage, un en face de l'autre, et tu tournes. Et tu tournes. Et tu tournes encore. Pis quand t'en as marre, tu changes de côté. Un peu rasoir, mais ça évite de se faire trancher l'aile. Comme on est pas non plus des punching ball, on essaie de rendre les coups, mais va-t'en rattraper un gusse qui tape dans le 600 à l'heure quand t'en fais péniblement 400 ! Le Sam en a bien poivré légèrement un ou deux, mais çà nous donne peanuts, rayon chances de survie.

Nous, on comptait quand même à mort sur la DCA du tas de ferraille, en dessous. Et ces manchots ont pas été foutu d'en aligner un correctement, pas un ! Tout juste si on en a pas ramassé plus que les Focke, pour le coup. Je sais plus qui est le fils de fouine qui m'a raconté que cette épave pouvait se défendre seule, mais je l'aurais bien collé dans mon zinc, tiens. Premières loges : "De l'inutilité de la DCA", en cinq actes. Un drame social sur l'enfance malheureuse des pinguouins de la Navy. Ah mais je les retiens, les cocos ! Pas un seul malheureux éclat d'obus dans l'os des salauds ! Avec une performance pareille, les Focke ils lui font la nique à la Flak. Pendant 10 minutes, 10 minutes ! Ca, sont pas près de me revoir marcher dans leurs coups foireux...

Evidemment, comme ça, ça allait pas durer des heures. Manque un peu de suspens, ce troisième acte. Pas grand chose à faire : pour les avoir, faut monter. Mais quand tu montes, ils te descendent. Pis faut mettre quand même ça au crédit des Focke : c'était pas des manches. C'est tout juste s'ils faisaient pas semblant de se coller devant nous pour nous entraîner loin de la Flak, les p'tits vicelards. Ah ça, ils passaient dans nos viseurs, ya pas de doute. Mais y manquait toujours un truc, la distance, l'angle... Du grand art.

Et en guise de bouquet final, le genre qu'on pose délicatement sur les cercueils, ils te me nous vous ont sorti une petite attaque coordonnée de derrière les fagots, le truc qu'on trouve que dans les bouquins d'habitude, je te dis que ça. Y zont dû la répéter, celle-là. Une chute d'antologie. Pourtant on était plutôt bien, là. Sam venait d'asticoter un Focke un peu lent à remonter, il y avait même logé deux trois souvenirs, pis on se ramenait vers la baignoire, juste au nord. Côte à côte, c'est impeccable pour vérifier que l'autre se fait pas enfiler. Celui de Sam, je l'ai vu quasi au dernier moment, mais juste juste, le break quand ça tire déjà, quoi. Mais c'est passé. Il te lui a collé un break d'école, il a mangé un peu au passage mais ça passait. Moi, tout con, je regarde toujours, hein, des fois qu'y soient deux. Et ils étaient deux. Mais un sur chaque. Et le premier a pas encore commencé à remonter que...

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Message par Krasno » 14 juin 2012, 21:23

Mission 6, El Alamein : la première rouste d'envergure de la campagne. Comment se faire laminer en Spit VIII avec classe. En général, je n'aime pas écrire de rapports sur les missions que je ne finis pas (ça motive moins, bizarrement), mais là, c'était tellement typique comme comportement que j'étais bien motivé pour écrire !

Les bleus ne voient plus la vie en roses : eux, c'est les chrysanthèmes. Leurs boîtes de conserve finissent de carboniser, leurs zincs tombent à en provoquer des alertes aux parachutes dans toute la région, et leurs pilotes capturés parlent tant qu'on ne sait plus quoi faire de toutes les infos qu'on récupère. Y sont tellement désespérés qu'ils en viennent à jeter des Ju-88 dans des attaques de base suicidaires. On va pas tarder à les voir défecter en masse, les gus. Quand t'as le choix entre le stalag version camp du bien et un vol en Cr.42, la décision est pas trop dure à prendre.

Nous, ça roule pas trop mal, merci. On se serre encore un peu la ceinture niveau dispo des appareils, mais rien de bien grave. Tant qu'il y a du pétrole... Justement, là on s'est concocté une petite mission sympathique : attaque de concentrations de troupes. La carte d'état-major est remplie de dizaines de points d'interrogations menaçants dans le carré Alpha-Oscar 9, et nous, les questions, on aime pas ça. Histoire de partir outillés, on a du perceur de blindage et du défonceur de camions. Et de l'escorte, bien sûr. On part pas à la chasse aux truffes sans quelques précautions.

Comme on commence à être bons, l'EM a trouvé bon de nous épicer la soupe avec une série de missions doubles, triples et interdépendantes avec changement de fréquence radio, contingences, plans B, C, D et E à appliquer sous une liste de conditions à vous dégouter ce vieux Prévert, et une synthèse de 350 pages A4, police 5 qui résume le tout. Ils auraient fait un minimum d'efforts de simplification, ça aurait pu devenir une honnête usine à gaz. Mais non. Pis comme eux-mêmes n'avaient pas vraiment tout saisi à leurs propres élucubrations, le briefing a été plutôt court. En éliminant les circonvolutions made in Britain, ça donnait un truc dans le genre "on décolle et on leur éclate la tronche". Tout pour réussir.

Cela dit, ça commence relativement bien : on a trouvé notre concentration de troupes. Du lourd : Panzer II le retour, Panzer III la vengeance, et Panzer IV le retour de la vengeance masquée. C'est pas du Fiat antédiluvien, ça. Après le rituel largage de bombes sur les dunes les plus menaçantes, à défaut des chars, les Beaufighter essaient bien de canarder un peu ces derniers, par pure conscience professionnelle, mais c'est pas du canon de 20 qu'y faudrait, c'est du 40... Et pour ça, faut attendre les Hurricane IID.

Hurricane, c'est quasiment de la publicité mensongère. Oh, du vent, ça en brasse ! C'est même tout ce que ça sait faire. Un ventilateur de 1000 ch. Mais comment voulez-vous qu'un truc aussi obtus soit rapide ? Des ailes épaisses comme le Bottin, un radiateur protubérant quasi capable d'ingurgiter un 109 sans mâcher, et une gueuse sous chaque aile... Bon, il se trouve qu'en fait ça avançait pas trop mal, ce truc. Nan, le problème c'est le désert. Ca a tendance à limiter les embouteillages, mais par contre niveau points de repères, hein... Ya bien deux trois concentrations connues de fouines cannibales, mais c'est pas facile à repérer d'en haut, et on évite de trop s'en approcher de toute façon. Du coup, y se seraient pommés que ça m'étonnerait pas.

Bref, les Hurricane arrivent pas exactement en coup de vent. Les Beaufighters qu'avaient plus grand chose à fabriquer ici, ou plutôt à réduire en bouillie ici, se sont tirés pour aller faire de la soupe au 109 au parking sur la base de Fuka. On les a pas envoyés au casse-pipes, hein ! Ya une partie des zincs en CAP sur Fuka qui sont allés chatouiller les bleus chez eux... Et apparemment, les bleus se défilent, les lâches. S'rait par conséquent dommage de se priver, pas vrai ? Et nous, on poireaute. On tourne. En cercle. Autour de ces foutus chars, qui sont pas faciles à garder en vue, les bougres. 5 minutes... 10 minutes... Ah, v'là des contacts, deux fois deux. Doit être eux. Ah sacrebleu, c'est pas des Hurris, c'est des 109 ! Gazafond, pleinpetitpas et suce aux tétons !

Naaaan, je rigole. Des bons Hurris bien de chez nous. Ceusses qu'on attendait. C'était pas crédible, cette fable aux 109 : les 109, y sont bien trop occupés à mettre la raclée à la CAP d'El Daba et aux Beaufighters qui l'ont rejointe sur Fuka. Pendant ce temps-là, nous, on poireaute toujours. On tourne. En cercle. Sauf que là, grosse différence, on tourne plus autour des chars, mais autour des Hurris qui tournent autour des chars et les attaquent à grands coups de moteur. Heureusement qu'on a des capacités d'adaptation hors du commun. Cela dit, vu que les autres à Fuka hurlent à la mort, et que notre dernier Hurri a l'air de se débrouiller très bien tout seul pour tirer ses quelques obus de 40 en rafale dans les taupes, on court du côté de rescousse.

Courir chez rescousse, c'est un peu comme avoir son nom dans les mémoires de Krasno : ça vous rengorge le type le plus humble, ça vous le rend sûr, conquérant, testostéroneux, et, pour tout dire, un peu bourrin. L'adrénaline court dans les veines, et la p'tite voix timide de la conscience disparaît derrière un concert de borborygmes virils. Nous, rien de tout ça, hein, on est des blocs de glace. On est pro ou on ne l'est pas. D'après les derniers hurlements de types se battant à un contre deux, tout ça se passe à El Daba maintenant, à domicile quoi. Ya encore quelques types à nous en bas, ça tiraille sévère, donc on semipiquette histoire d'arriver avant que tout le monde soit mort. Ben oui, c'est quand même le but.

Arrivés sur la base, rien. Mais rien de rien. Pis si, en fait : vlà qu'on croise un 109. On enroule, il se débat plutôt bien le bougre, pis paf ! Un second 109. Vlà qu'ça devient intéressant. Ya toute une étude sociologique à faire sur la génération spontanée des Bf 109. Tourne, tourne, tire et rate : les 109 résistent, mais l'éjection leur pend au nez. C'est là qu'on s'est lâchement fait attaquer par la Cour des Miracles. Enfin, la famille Fiatémaqui. Quatre horreurs : les jumeaux Céherre, des p'tits costauds avec deux paires d'ailes, les moustiques de la bande, toujours à tournicoter autour de toi et à te lâcher des p'tites rafales ; pis les deux Hemcé, des solides aussi, pas plus de punch mais courent un poil moins lentement.

A partir de là, ça a béréziné. Les deux 109, c'était du gâteau ; et quatre demi-portion, ça se mange.Mais les six à la fois, c'est un peu trop roboratif. On passe du gâteau au sandwich, là, avec nos quatre Spits dans le rôle des jambons. Ca se cornélise au bout des racines, tout ça : tourne, et Fiatémaqui & cie vont te banderiller sévère ; étends, et c'est les 109 qui vont t'étendre. Raide. Du coup, on met en place une stratégie simple : buter les 109. C'est les plus méchants, pis y sont que deux. On fait mine d'oublier les ritals, et tout ira bien. La force de l'esprit. D'ailleurs Barda t'en a corrigé un sévère. Sauf que Vince embrasse une dune. Sauf que Pat, il a beau essayer d'oublier les ritals, il a réussi qu'à partir du moment où ils lui ont collé un pruneau dans le mou. C'est la magie de la cuisine british : en un p'tit bout de quart d'heure, on est passés du gâteau au sandwich, puis à la pâtée.

Et on continue à pédaler généreusement dans la choucroute. La technique de l'étendage marche pas trop mal, le Céherre restant traînasse derrière nous et j'ai pu commencer à le dépiauter, mais ça vole toujours. Les Macchi maquettent. La routine. Pis un choc : "deux contacts, Est, arrivent de haut !". "109 !". Eh oui, l'adrénastérone aidant, les deux p'tits cerveaux à la ramasse de Krasda et Barno ont laissé de côté un petit détail sans importance : les 109 s'étaient fait la malle. C'est sûr, sur le moment, ça aide. Mais ça aide tout de suite moins quand ils jouent les bâtons sur le retour avec 500 m d'altitude en plus. Barda breake bien, mais ces 109 n'en sont pas vraiment, du sang neuf, et l'avion de Barda, il breake maintenant des bouts dans toutes les directions. Mais ça vole. Donc on continue, mais avec les ritals dans les pâtes c'est pas gagné. Evidemment, à un moment ça tranche et voilà Barda qui joue les feuilles mortes.

J'ai confiance. j'ai un plan infaillible : éclater la tronche des deux 109, pis éclater la tronche aux demi-portions. J'ai un briefing, je le suis scrupuleusement. Rambo entre en scène. Il suit un 109 en montée, on est plus à ça près, il arrive même à lui coller une bonne giclée, mais ça tape dans le gras, pis là évidemment il voit qu'il en a un derrière, alors il pique, pis il tourne à droite, pis à gauche, comme des ciseaux quoi, mais ça marche moyen vu que le 109 les ciseaux c'est son truc, alors il les barrique un peu mais sans trop de conviction, vu que c'est un peu mort là, et en effet c'est mort, parce qu'il ramasse une bonne rafale, là il se dit bon j'atterris en catastrophe et je les prends tous avec mon calibre, mais sans empennage ça redresse moins bien parce que c'est Rambo mais pas Danny, et paf la colline.
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Message par Krasno » 30 oct. 2012, 22:43

Je m'y remets un peu...

Mission 7, sur Bay of Biscay : comme on est revanchards, on a repéré le bateau radar ennemi à la mission précédente, et on s'apprête à leur rendre la monnaie de la pièce. Seulement, taper un PA dans le noir, en connaissant vaguement sa position il y a quelques heures, ça se prépare...

Des tarés. Tous. Pas un qui sauve l'autre. Ah, je te les retiens ! Envoyer les deux tiers de nos zincs aller se casser les dents sur un truc blindé de Flak, en voilà une idée qu'elle est originale... Le degré zéro de la réflexion : y nous ont pété le nôtre à nous, on va leur péter le leur à eux. Néandertal, le retour. Mais je vous explique : le truc blindé de Flak, c'est le radar flottant des méchants. Leur atout. 80 km de portée. De quoi rendre leur convois inattaquables, ou les nôtres indéfendables. Pas qu'on en ait pas eu un aussi, mais ils nous l'ont comme qui dirait coulé, les bougres.

Notre enthousiasme suivait rapidement notre barcasse à antennes au fond du Channel. Les crânes d'œuf découvrirent brusquement que les autres, des radars, y z'en avaient aussi, et même des bateaux-radars, et même, je vous le donne émile, des bateaux tout court avec tout plein de trucs juteux dedans. Et ils te me nous vous ont emballé l'œil et la dent dans un beau raisonnement faisant des appels très pertinents à des capacités de production, des taux de pertes, des augmentations de stocks, des capacités d'encaissage de pertes, des taux de perte de production et des augmentations de taux d'encaissement sur les pertes de stock. Circulez, ya rien à voir.

Au final, le plan était ambitieux, mais on avait mis les moyens. Une douzaine de Spits, 8 P-38, avec ça tu vas au bout du monde - si tu sais nager. Il est vrai qu'entre aller au bout du monde façon Club Med et y aller pour péter un navire radar couvert de DCA comme un chien de puces, ya pas, ya un pas. Mais les calculs sont formels : suffit d'1,85 P-38 qui large correctement ses deux bombes de 2000 lbs pour péter le navire. Ce qui, en comptant les pertes au décollage, les pertes pendant la nav', les pertes pendant le piqué, les bombes larguées trop tôt, trop tard, à côté ou pas du tout, devrait nous donner, sur 8 P-38, une petite chance d'y arriver.

On avait pas lésiné sur l'entraînement non plus. Tests d'attaque en Split-S, en piqué, en semi-piqué, en ricochets, sur le dos, par l'avant, l'arrière et les côtés, de 200 à 800 km/h par incréments de 10, bref, on avait pas laissé une option de côté. Et ça marchait ! Pas au rivet près, mais largement de quoi le couler, leur crocodile gonflable. Avec du rab' pour les transports chargés à bloc de juteux Panzer et autres Bf 109. La méthode royale contre la Navy allemande : attaque en ricochets par l'avant, là où les canons sont rares, comme les bikinis de manière générale.

Escorte béton, avions plus ou moins adaptés si l'on veut bien passer l'éponge sur la tendance respectable du P-38 à ne pas sortir des piqués à grande vitesse, météo pas trop pourrie vu la région... Pas du prémâché mais presque, hein ? Oui, en oubliant que les teutons savaient pertinemment qu'on venait, que le radar du navire portait à 80 bornes, que le navire en question avait largement eu le temps de changer d'hémisphère depuis qu'on l'avait repéré, et qu'il était hérissé d'assez de bouches à feu pour que le poids des douilles tirées soit compté dans son bilan de masse.

L'EM avait juste oublié un truc supplémentaire, un petit détail : c'était une mission de nuit. Adieu, escorte invincible, précision et nav' facile ! Du coup, vu que c'était évidemment trop risqué d'engager 12 Spits et 8 P-38 sur un coup de chance, et que de toute façon les Spits pourraient difficilement faire autre chose que compter les étoiles, les cornichons ont décidé de retirer l'escorte. Une manière élégante de réduire le risque : moins d'avions, moins de pertes. Rajoutez à ça la cible qui joue les épingles batifolant dans le foin, les bombes qui se mettaient à exploser selon leur bon vouloir, et tu comprendras pourquoi le Barda, il se voyait y passer en couleurs et en stéréo.

Mais quand on est tombés sur le ramassis d'antennes à tout juste 5 minutes de vol de Brest, embouteillages inclus, sans même avoir à chercher pendant des heures, nos actions sont remontées. La difficulté principale était de trouver la barcasse. Bon, ben là, on l'a trouvée, leur rascasse. Enfin, Armand l'a trouvée, pour l'instant, parce qu'on s'est éventaillés histoire de couvrir plus de terrain et que pour refermer l'éventail sur Armand et son encombrant paquet, va falloir jouer aux nyctalopes.

Après un poil de nav' au jugé et de sueur dans le dos, m'y voici m'y voilà : deux points noirs sur fond noir, Barda et Armand, tournicotent autour d'une belle bête, incarnation magnifique de la force tranquille, qui montre des dents en crachouillant calmement quelques traçantes par-ci, par-là, croyant probablement avoir affaire à quelques importuns en visite éclair. Nous, dans nos Lightning on est plutôt d'accord : pas spécialement envie de moisir ici, éclairés par la DCA puis éclatés par les 109. Manettes au tableau, j'essaie de prendre un peu de hauteur par rapport aux débats, pendant qu'Armand et Barda, déjà là depuis le début, commencent à travailler la bestiole à la 1000 lbs.

Comme l'envie de me faire tirer par la chasse ne m'est pas chevillée au corps, j'évite comme la peste noire les beaux nuages encore un peu rougeâtres : autant allumer ses feux de nav' et commencer un numéro de voltige. Prudent comme un cueilleur de champignons se dirigeant vers son coin favori, j'attends d'être en position idéale. Et ça prend du temps, tout ça. Me voilà enfin placé bien en face et à 2000 m, il va bien falloir y aller quand même... Manette dans les cadrans, manche légèrement incliné pour un léger piqué, je pique légèrement.

Faut dire que de nuit, c'est pas comme à l'entraînement. D'abord ya la baille, qui te saute dessus à l'insu de ton plein gré. T'es en piqué tranquille, 500 m, tu farfouilles un peu dans le cockpit pour récupérer un reste de pudding, et paf ! Bain sponsorisé par Fluoresceine. Pis ya la DCA, ça déconcentre : c'est tellement mignon qu'il fut très, très dur de se retenir d'aller chercher dans le coffre arrière le vieux Coronet que m'a refilé ta grand-mère pour imprimer sur la pellicule le spectacle. Mais le truc qui a failli m'achever, c'est le 109 qui m'est passé à ras la moustache, en cap réciproque (à défaut des sentiments, j'espère). Comment tu veux te concentrer avec un tel manque de fair-play ?

Heureusement, je suis imperturbable. J'ai même réussi à aller jusqu'au navire en restant au-dessus de la surface et à taper, du mauvais côté du boulon Nr.118218 mais assez proche pour élargir la brèche d'Armand et finir le boulot. Comme à l'entraînement, mais en mieux. Et là, j'ai été saisi par un sentiment tout bête : une peur bleue de ne pas rentrer. Le temps que je m'en dégage, j'étais à 50 km de la zone, tandis que Claymore tournait comme la chance autour d'un radar, qu'il était censé réduire en cendres mais ne parvenait pas à dégoter. Il était probablement moins frustré que les deux demi-douzaines de charognards allemands qui ne pouvaient manquer de traîner dans le coin, mais n'arrivait pas à se détacher de ce foutu truc qu'il ne pouvait voir.

Le syndrôme de fin de mission frappe : atterrir ? Déjà ? Alors qu'il n'y a plus rien à faire ? Z'êtes pas sérieux. Une mission, c'est toujours pareil. On décolle sur des oeufs au début, on stresse à mort au milieu, mais dès que le plus gros est passé, on se met à chercher méchamment la bagarre. Ma petite voix (la mauvaise) a déjà monté une opération de sauvegarde de Claymore qui n'en a pas le moindre besoin, incluant un passage haute altitude dans le champ du radar et des tirs de traçante dans le vide, tandis qu'elle a déjà renversé le cap, avant de nous envoyer sur Balto, puis Barda, qui annoncent quelques ennuis de voisinage avec une poignée de 109 rancuniers. Heureusement pour moi, les susdits sèment leurs aggresseurs avant que je n'ai le temps de tout faire foirer, et nous pouvons rentrer tranquilles.

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Message par Krasno » 04 nov. 2012, 15:57

Et voici un des derniers, sinon le dernier rapport de cette campagne (il y a un bout de rapport pour la dernière mission, mais pas fini). Nous sommes à nouveau sur Bay of Biscay, dans une de ces missions routinières mais importantes que sont les escortes de convois maritimes. Ce n'est en général pas très valorisant, mais c'est très utile... Chaque navire qui passe intact amène en effet sur l'autre théâtre d'opérations, El Alamein, des troupes, du carburant ou des appareils.

Tout fout l'camp ma bonne dame. Les zincs, surtout. L'époque des bases du sud de l'Angleterre regorgeant de bière et de zincs est révolue : les zincs importants, ceux qui volent, ont été déportés en masse vers El Alamein. Ca, El Alamein, dans le genre tonneau des Danaides, ça se pose. Spit, P-40, Hurri, Beau, même les gros tas que nous utilisons parcimonieusement, tout fout l'camp.

Les bouffeurs de choucroute ont la patate et ça fritte sévère. La technique des agités du bocal de l'Etat Major dégouline de subtilité : tous les pions foncent bille en tête dans les dunes entre Fuka, carré de sable aplani par les touristes teutonnants à quelques centaines de mètres de la grève, et El Daba, carré de sable aplani par les touristes bedonnant (et en short kaki) à quelques centaines de mètres de la grève et quelques dizaines de km en face de Fuka. Connaissant la finesse genre Kolossale des gros bras d'en face, calculez le nombre de carcasses de char par pouce carré, en moyenne.

Et c'est pas que les chars, évidemment : nos zincs de concours aussi se viandent comme des petits pains. Les usines tournent, les bateaux voguent mais les avions tombent. Donc pour pas désespérer Billentête, on déshabille Paul et les zincs en état de vol se font rares au nord du Channel. Ceux qui restent couvrent ceux qui voguent vers El Alamein. Les missions en deviendraient presque monotones, impliquant de l'eau à perte de vue, de la brume, deux heures de vol rarement tige, un tas de types sur un rafiot allant au cap 250 au sud-ouest de l'Angleterre, un tas d'avions démontés dans le rafiot, et parfois, si on a de la chance, une paire de croix noires à la baille pas très loin du rafiot.

Peu de chances qu'ils se ramènent. Et s'ils se ramènent, peu de chance de sauver le navire. Gratifiant. Au moins ce coup-ci, pas trop de problèmes d'effectifs : 8 Spits dernier modèle tournent comme des horloges au-dessus du navire de la journée. Si celui-là coule, les types d'El Alamein vont devoir apprendre le lancer de caillou pour se défendre.

"Il est quelle heure ?"
"15h00"

Une heure qu'on est partis. Vingt et un soupirs profonds, quarante-deux baillements, deux mâchoires décrochées, deux cent quarante-sept aller-retours et cercles bouclés, trois cent quatre-vingt-deux gallons de carburant brûlés, une demi-douzaine de fausses alertes, une paire de torticolis, une vessie pas loin de l'explosion. Gratifiant, on vous dit.

"Il est quelle heure ?"
"15h03"

Mon Pat est monté sur explosifs, pas fait pour lui ce genre d'inactivités. Si ça continue dans la même veine, faute de calmants dans le sang ou de zinc dans le viseur, il va finir par se tailler chez les troufions. Ou les veines, d'ailleurs, ce qui serait pas de... bol. (il faut savoir refuser la facilité).

Comme on est des pros, on s'est dispersés avec quatre types aux postes avancés (au Sud, c'est de là que viennent les méchants), un au Nord pour fermer la porte de derrière au cazou), et trois juste au-dessus pour la dernière ligne de défense. Comme notre rafiot est pas le seul dans le coin, on se marche allégrement sur les pieds avec les voisins des autres patrouilles. Nos plates-bandes sont de vrais sentiers de Grande Randonnée, entre les collègues de la CAP, les chasseurs de passage, les groupes d'attaque... A force d'intercepter des mirages, on va finir par laisser passer les vrais clients. Et Pat se liquéfie dans son cockpit.

"Monilla s'est fait la malle !"

Branle-bas le combat. Monilla, c'est pas la pin-up du squad, ni sa mascotte. C'est notre chair à canon à nous. Parfois appelé aussi Tonilla, suivant les goûts, c'est une catégorie de pilotes bêtes comme leurs pieds, pas foutus de comprendre une seule blague de Pips, mais avec un champ de vision à en rendre le radar embarqué obsolète. Nozillas voient même dans le dos, c'est dire. Et quand ils voient quelque chose, ils peuvent pas se retenir d'y aller. Trop abrutis pour avoir peur. Trop mauvais pour survivre de toute façon. Le genre de type que tu peux envoyer au casse-pipe sans qu'il t'en tienne rigueur. Et le proverbe dit : Tonilla décroche, anguille sous roche.

Là, vu comme tous les Monilla ont décanillé, ya du teuton en maraude, je t'en fiche mon billet. Et y sont pas venus jusque là juste pour serrer des pinces, plutôt pour démembrer du navire à vue de nez. Seulement, à part Nozillas, personne les voit encore, les bougres. Nozillas ne sont pas des navigateurs de haut vol (y seraient même plutôt à Interner), sont jamais foutus de te dire où y sont. Donc pour chopper les bleus, faut les suivre, et pas les perdre des yeux. Ou pire, y perdre tes yeux. Enfin, ça c'est le boulot des premières lignes, les types qui couvraient l'Est.

Si on résume, on a quelque part des méchants, repérés par les senseurs bioniques de Nozillas, suivis par ces derniers qui sont eux-mêmes suivis par leurs leaders, ces derniers tellement pommés depuis le temps à force de suivre des petits points au loin qu'ils n'excluent pas totalement de se trouver entre Helsinki et Tallin. Ca, c'est la moitié de la formation. L'autre, c'est à dire Bibi & Cie, elle a aucune idée de l'endroit où tout se passe, donc elle se contente de monter au-dessus de la barcasse en déroulant avec lassitude la litanie du pilote pas pommé cherchant à retrouver ses potes pilotes pommés : "Cap ? Alti ? Position ? Oukisson ? Alti ? Position ? Cap ?".

Si on a une chance sur cent de les chopper avant qu'y tapent, c'est le bout du monde.
"On voit le bateau !"
Les bleus aussi, donc.
"Contacts, 2h, haut, deux !"
"Ca pique"
Donc, c'est bleu.
"Vu, je prends le un, tu prends le deux"

Et c'est parti : gaz, demi-tonneau, réservoir largué, piqué derrière le premier bandit. Focke-Wulf, évidemment. Le bougre est rapide, et j'ai des ailes en papier... Pour aller au feu à 700 km/h avec ça, faut avoir un sacré grain. En filigrane, évidemment, la possibilité d'une gerbe d'eau surmontée d'une belle aile elliptique tombant façon feuille morte. Heureusement pour moi, la RAF et le sort de l'humanité en général, le Wulf a des ailes aussi, et peut pas non plus piquer comme une brute s'il veut les garder. Pas trop, en tout cas. Et pas de 6000 m. Mine de rien, il tortille donc du derche, et je gagne du terrain. Surtout qu'il est parti vertical du rafiot, faut bien qu'y lui tourne un peu le dos pour descendre. Le temps qu'y se retourne, l'hélice chatouillant les sardines, la barcasse lui a fait le coup du lapin dans le chapeau. Rien, nada, que dalle, Nichts. Brume de mer. Paf. Vous connaissez la brume matinale en Angleterre ? La même qu'en France, mais en plus feignasse, elle se lève qu'à la nuit tombante. Y continue bien un peu, mais juste pour faire plaisir, pis moi je me radine en douce. Je lui balance la purée à 600 m, histoire de mettre un peu la pression quoi, ça touche, ça gigote même, il aime ça le bougre, rebelote, ça monte, pis ça redescend sous un parachute. Splash.

Tous les bandits sont au tas. On se remet en place, 6000 m plus. Un coup d'œil au carburant : largement de quoi.

"Euh... Quelqu'un a l'heure ?"
"15h08"

On est pas rendus...
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